Trois démontages, un renversement et des bris de matériel… Le passage d’un front violent a marqué la Route du Rhum.
Un monocoque Imoca, bien qu’habitué aux grandes mers du Sud du Vendée Globe (démontage Bureau Vallée par Louis Burton), un trimaran Ocean Fifty (Chavirage de Solidaires en Peloton – ARSEP par Thibaut Vauchel-Camus) et deux monocoques Class40 touchés (démantèlement d’Aurélien Crosscall de Ducroz et La Boulangère Bio d’Amélie Grassi, l’une des sept femmes en course), le bilan est lourd sur la flotte de la Route du rhum, et ceux qui ont échappé, et sûrement d’autres pannes leur seront annoncés dans la journée pour panser leurs blessures , après le passage d’une terrible dépression. Comme Fabrice Amedeo (Nexans – Art & Windows), lest tribord touché, batteries noyées et grand-voile cassée, contraint d’exploser vers Cascaïs (Portugal).
A environ 350 milles au nord-ouest du cap Finisterre, le passage de ce front est violent, comme Yoann Richomme (Paprec Arkéa), double vainqueur de la Solitaire du Figaro, raconte au futur skipper d’un monocoque Imoca et tenant du titre : « C’était rapide mais très, très violent après le front. Le bateau sautait entre les vagues. Il semblait que tout allait exploser à tout moment. C’était effrayant comme l’enfer. Xavier Macaire a le plus attaqué et je reconnais que je n’ai pas essayé de les suivre, surtout après avoir vu Aurélien Ducroz et Amélie Grassi débarquer juste à côté de ma poupe. Je pensais vraiment qu’on passerait tous par là. Je sais ce que c’est de perdre la perche dans ce genre de conditions. C’est incroyablement difficile de défaire tous les des cordes dans une mer déchaînée et de nuit en prime”, a ajouté le navigateur, auteur d’une magnifique remontée pour revenir dans le trio de tête aux côtés de Corentin Douguet (Quéguiner – Innoveo) et Xavier Macaire (Groupe SNEF). , les trois hommes se sont regroupés en moins de 7 milles, ayant dû les laisser s’échapper pour effectuer leur pénalité de 4 heures suite à un départ prématuré sur la ligne de Saint-Malo.
beau temps pas pour l’instant
Même si les conditions se sont améliorées après le passage du front, le vent passant de 40 nœuds à des 20s plus raisonnables, la mer est restée agitée pour Yoann Richomme et les rescapés de cette 12e édition. Et il faudra patienter entre 3 et 4 jours pour les Class40 et la moitié pour les plus rapides trimarans Ultim et monocoques Imoca, pour enfin échapper à cette zone de haute pression atmosphérique et enfin pouvoir enlever la graisse.
Sur cette route guadeloupéenne décidément mal goudronnée (ce qui n’est pas illogique en novembre), Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) a réussi à prendre l’air devant François Gabart (SVR Lazartigue). Au classement de 12h, le leader compte 28 milles d’avance sur son rival, pas une heure de mer à 30 nœuds de moyenne, et 85 milles sur Thomas Coville (Sodebo), Francis Joyon (Idec), le retenant de la titre étant relégué à 479 milles, loin de ses rêves de doublé pour le moment. « François m’est revenu en plein air, peu avant les Açores. Il allait tout droit, alors que je ne pouvais pas ! J’ai tourné 4-5 fois, ce qui m’a demandé une énergie considérable. J’ai pris une option un peu plus dure que la sienne dans l’archipel mais au final ça revenait presque au même (…) C’est quand même un peu la guerre des conditions. C’est loin d’être un rêve. Nous avons hâte de nous débarrasser de nos imperméables et de profiter de vents réguliers. Là ça oscille constamment entre 20 et 30 nœuds, c’est loin d’être calme”, confiait Charles Caudrelier, bien servi pour sa première Route du rhum, qui pourrait s’achever selon les premières estimations dans la nuit de mardi à mercredi.
Petits écarts dans toutes les catégories
Du côté des monocoques Imoca, Charlie Dalin (Apivia) continue de mener la danse lors d’une première participation parfaitement dominée jusqu’ici, devant Jérémie Beyou (Charal) avec un confortable écart de 93 milles à 12, Thomas. Ruyant (LinkedOut) suit à 98 milles, Paul Meilhat (Biotherm) à 109 milles et Kevin Escoffier (Holcim-PRB) à 117 milles. Et côté Ocean Fifty, après la sortie de route du leader Thibaut Vauchel-Camus, Quentin Vlamynck (Arkema) domine avec 29 milles d’avance sur Sébastien Rogues (Primonial). Un petit écart qui symbolise finalement bien le tracé de cette Route du rhum où personne (sauf peut-être Charlie Dalin) n’a réussi à en tirer le meilleur parti. Et tant mieux pour le suspense…
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Ce dimanche matin, neuf marins ont officiellement démissionné des 138 partis mercredi de Saint-Malo et cinq devraient bientôt rejoindre la liste fatale.
Décrocheurs (entre parenthèses ceux qui n’ont pas encore officiellement décroché)
Trimarans Ocean Fifty : Sam Goodchild, (Thibaut Vauchel-Camus)
Monocoques Imoca : Kojiro Shiraishi, Damien Seguin, (Louis Burton)
Monocoque classe 40 : (Amélie Grassi), (Aurélien Ducroz), (Keni Piperol), Martin Louchar, Antoine Magré, Laurent Camprubi, Geoffrey Matacynski, Jonas Gerckens
Rhum Multi : Oren Nataf
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