Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, accusé de “prise illégale d’intérêts”

Le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, a été mis en examen le 23 septembre pour “prise illégale d’intérêts”, rapporte ce lundi franceinfo auprès du parquet national financier. Alexis Kohler a également été placé sous statut de témoin assisté pour “trafic d’influence”. “Aucune mesure de contrôle judiciaire n’a été prise à son encontre”, indique le parquet national financier à franceinfo.

Le 23 juin 2020, une information judiciaire a été ouverte pour “prise illégale d’intérêts”, “trafic d’influence” et défaut de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), en relation avec l’armateur italien MSC. Alexis Kohler continuera d’être secrétaire général de l’Élysée malgré cette accusation, a appris franceinfo auprès de l’entourage du président de la République.

Les cousins ​​de sa mère

L’affaire est née après la publication en 2018 de plusieurs articles de Mediapart sur un éventuel conflit d’intérêts entre ses fonctions dans la fonction publique et ses liens avec l’armateur italo-suisse Mediterranean Shipping Company (MSC), fondé et dirigé par les cousins ​​de sa mère, la famille Aponte. . L’association Anticor avait porté plainte le 8 août 2018 pour “prise illégale d’intérêts” contre Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée qui avait approuvé en 2010 et 2011 les contrats relatifs à l’armateur. Alexis Kohler était alors membre du conseil de surveillance et n’avait pas signalé ces liens familiaux à MSC.

Alexis Kohler “interpelle vivement”

Alexis Kohler “nie fermement avoir commis un quelconque crime”, a déclaré son avocat, Me Eric Dezeuze, dans un communiqué. “Sans tenir compte à ce stade des nombreux éléments objectifs à décharge, Alexis Kohler a été mis en situation d’être accusé d’intérêts illicites pour des faits pouvant remonter à plus de dix ans”, explique Me Dezeuze, alléguant que “le reste du procédure, à laquelle il a désormais accès » lui permettrait de « prouver son innocence ».

“Cette mise en examen s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à la suite d’une plainte avec action civile présentée le 30 janvier 2020 par l’association Anticor devant le doyen des juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris”, écrit le PNF dans un communiqué.

“La réalité, c’est que M. Macron cache ça”

“Cette affaire est une affaire Kohler mais c’est aussi une affaire Macron”, a déclaré dans la foulée à franceinfo Jean-Baptiste Souffron, l’avocat de l’association Anticor. “La réalité, c’est que M. Macron le cache”, poursuit-il. “Si cela le couvre, pour quelles raisons ? Il y a un conflit d’intérêts qui ne se limite pas à l’administration mais atteint le président de la République lui-même.” Jean-Baptiste Souffron juge “essentiel” que le président de la République soit entendu dans cette affaire, “car c’est lui qui a innocenté Alexis Kohler à tort dès le début”.

Emmanuel Macron avait pris la plume à travers une “note personnelle” en juillet 2019 en faveur de M. Kohler et transmise au procureur national financier (PNF) par son avocat, assurant que son collaborateur n’était jamais intervenu, alors qu’il s’agissait de son Le directeur de cabinet de Bercy, dans les dossiers liés au MSC. Après cette révélation de Mediapart, l’opposition a accusé le président de porter atteinte à la séparation des pouvoirs.

Alexis Kohler, bras droit du président, occupe le poste stratégique de secrétaire général de l’Elysée depuis le début du premier quinquennat. Installé dans un bureau à côté du président, il gère au quotidien les situations d’urgence, les grands dossiers économiques et sociaux, mais aussi les dossiers politiques.

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