Agnès Pannier-Runacher fragilisée par des accusations de conflits d’intérêts

Agnès Pannier-Runacher lors d’une séance de questions gouvernementales à l’Assemblée nationale, le 8 novembre 2022. THOMAS SAMSON / AFP

Pour l’exécutif, le programme de la semaine s’est teinté de vert. Discours d’Emmanuel Macron à la COP27 en Egypte, lundi ; réunion sur la décarbonisation de l’industrie à l’Elysée le lendemain. Avec ces initiatives, le président de la République a voulu remettre la transition climatique en tête de son agenda. Mais mardi 8 novembre, une enquête journalistique est venue frapper cette communication avec des révélations sur la famille de l’un des chefs de gouvernement dans ce dossier, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique.

Selon le site d’investigation Disclose, Jean-Michel Runacher, le père du ministre, a créé une société dénommée Arjumen en 2016. A l’époque, Mme Pannier-Runacher aurait signé des documents autorisant trois de ses enfants – alors mineurs – à devenir actionnaires de la société. pour la somme symbolique de 10 euros chacun. L’ancien dirigeant de Perenco, deuxième producteur français de pétrole brut, Runacher a apporté le reste du capital : 1,2 million d’euros sous forme d’investissements spéculatifs. Un moyen d’échapper aux droits de succession pour vos descendants.

paradis fiscal

Selon le site, toute cette richesse provient de fonds spéculatifs cachés dans des paradis fiscaux, en Irlande, à Guernesey ou encore au Delaware, “dans lesquels Perenco avait ses propres investissements à l’époque”, écrivent les journalistes. Mardi, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a annoncé avoir lancé des “contrôles” sur la situation du ministre, qui nie cela en bloc.

Face aux attaques de l’opposition, Mme Pannier-Runacher a été contrainte de réagir rapidement sur plusieurs points, notamment la possible évasion fiscale de sa famille proche et le possible conflit d’intérêts avec la société Perenco. “Ce matin, j’ai pris connaissance des allégations mensongères et calomnieuses publiées par Disclose”, a-t-il déclaré mardi après-midi à l’Assemblée nationale lors des questions gouvernementales. Avant d’effacer le premier soupçon : « Ce transfert a été effectué par l’intermédiaire d’une société française soumise à l’impôt français, par un acte notarié établi à Paris et en parfaite conformité avec les dispositions applicables de la loi française. »

Lire aussi : Agnès Pannier-Runacher visée par une enquête de la HATVP, après les révélations de “Disclose”

Quant à Perenco, une société qui s’est spécialisée dans l’achat de puits de pétrole ou de gaz en fin de vie pour les exploiter au maximum en produisant à bas coût, le ministre a démenti avoir été en position d’être influencé. « C’est vraiment une entreprise étrangère qui exerce ses activités pétrolières hors de France. Donc, dans le cadre de mes fonctions de ministre, je n’aurais pas dû connaître les activités de ce groupe », a-t-il dit.

Il vous reste 54,81% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *