Variole du singe : pourquoi la communauté gay s’inquiète

MONKEYPOX – Si vous avez des parents homosexuels ou si vous êtes homosexuel, vous savez peut-être que le monkeypox est un sujet brûlant chez les HSH, “les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes” dans le jargon médical. Entre amis, on échange des informations sur la maladie, des conseils pour obtenir un rendez-vous pour se faire vacciner, des nouvelles de proches malades…

« Notre ligne téléphonique est actuellement surchargée et nous recevons de nombreuses demandes […] pour la vaccination contre la variole”, a déclaré cette semaine Checkpoint, une association parisienne de lutte contre le VIH. Mais pourquoi tant d’inquiétude au sein de la communauté gay et, plus largement, des personnes LGBT ?

[ Infos Monkeypox ]

Notre ligne téléphonique est actuellement surchargée et nous recevons de nombreuses demandes par e-mail et sur les réseaux sociaux pour des vaccinations contre la variole.

— Checkpoint Paris (@Checkpoint_P) 18 juillet 2022

Selon un bilan de Santé publique France publié ce mercredi 20 juillet, un total de 1 453 cas ont été confirmés en France, dont 678 en Ile de France. “Jusqu’à présent, en France, 96% des cas où l’orientation sexuelle est signalée sont survenus chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH)”, souligne l’agence. “Parmi les cas pour lesquels des informations sont disponibles, 74% déclarent avoir eu au moins 2 partenaires sexuels dans les 3 semaines précédant l’apparition des symptômes.”

Mobilisation des associations

Face à cette propagation de l’épidémie dans la communauté gay, des associations de lutte contre le VIH, comme Aides, Sidaction ou Act-Up Paris, se mobilisent activement auprès de la communauté gay pour informer sur la maladie, ses symptômes et les moyens d’éviter sa transmission. . Surtout, ils font pression sur le gouvernement pour accélérer la vaccination.

Car depuis le 11 juillet dernier et l’ouverture de la vaccination préventive aux groupes à risque -c’est-à-dire les HSH et les personnes trans ayant plusieurs partenaires, les personnes qui se prostituent et qui exercent une activité professionnelle dans un lieu de consommation sexuelle-, la campagne est sévèrement jugée par les associations. « Si la vaccination est ouverte, les retours du terrain montrent un goulot d’étranglement lors de la prise de rendez-vous. François Braun, il faut augmenter les moyens pour accélérer », écrivait récemment Act-Up Paris. Les aidants ont appelé ce jeudi 21 juillet à une “campagne de vaccination avec punch”.

Nous exigeons sans délai une campagne de vaccination à la mesure de la situation qui tienne compte des enjeux locaux et des moyens conséquents pour les services de soins et les sites de santé communautaire. #Monkeypox pic.twitter.com/0sS6pCqhUE

— Act Up-Paris (@actupparis) 18 juillet 2022

Les autorités sanitaires n’ont pas communiqué officiellement le nombre de doses disponibles pour la campagne de vaccination, invoquant le secret défense. Un représentant de la DGS a annoncé au Sénat le 13 juillet que 7 500 doses devaient être déstockées pour l’extension de la vaccination et que 5 000 doses seraient ensuite libérées par semaine. Selon Têtu, un total de 30 000 doses sont prévues. Interrogé par le magazine, Marc Dixneuf, directeur général de l’association Aides, estime qu’il en faudrait 10 fois plus.

complications

L’enjeu est évidemment d’empêcher l’épidémie de se propager davantage au sein de la communauté HSH ou au sein de la population générale. Car si la maladie a tendance à guérir spontanément et n’est généralement pas grave, elle peut être douloureuse et entraîner des complications, notamment chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes vivant avec le VIH. Cela nécessite également trois semaines d’isolement, ce qui peut également avoir des conséquences financières pour les patients.

Pour limiter la propagation de l’épidémie, le temps presse. D’autant plus que le vaccin assure une bonne immunité deux semaines après la 2e dose. Il faut donc un mois et demi pour que la vaccination soit vraiment efficace. Plus le temps passe, plus la maladie a de chances de gagner du terrain.

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