Un vaisseau spatial Soyouz “de sauvetage” envoyé à l’ISS pour récupérer trois astronautes

Une capsule endommagée à la mi-décembre en orbite ne pouvait plus assurer le retour sain et sauf de son équipage.

La Russie ne prendra aucun risque : la capsule Soyouz MS-22 endommagée amarrée à la Station spatiale internationale (ISS) tombera sans passager à bord. Un impact le 14 décembre avait percé son système de refroidissement, provoquant une ouverture de 4 mm dans le carénage extérieur du radiateur et un trou de moins d’un millimètre dans l’un de ses tuyaux.

Les Russes attribuent l’incident à un impact de micrométéorite. Des expériences menées au sol sur des plaques d’aluminium montrent qu’une particule de 1 mm lancée à 25 000 km/h aurait pu causer les dégâts observés, a expliqué Sergueï Krikaliov, ancien cosmonaute et chef de la population de Roscosmos. L’hypothèse d’un microdébris d’origine humaine semble avoir été écartée, sans explication particulière. Rappelons que la Russie a tiré un missile anti-satellite en novembre 2021, qui a créé un nuage de débris potentiellement dangereux pour l’ISS. Le scénario météorite, tout à fait crédible, est plus consensuel sur le plan géopolitique.

Quelle que soit la source de l’impact, une grande partie, sinon la totalité, du liquide de refroidissement de la capsule s’était échappée dans l’espace. La température à bord du navire est montée à 30°C puis 40°C avant que les astronautes n’installent un système de ventilation de fortune.

Question de vie ou de mort

Après plusieurs tests et scénarios, l’agence spatiale russe Roscosmos a annoncé mercredi qu’elle préférait renoncer à utiliser l’engin spatial pour ramener sur Terre les deux cosmonautes russes Sergueï Prokopiev et Dimitri Peteline ainsi que l’Américain Frank Rubio. Les ingénieurs craignent que les températures ne montent à 40 ° C pendant le trajet de retour de six heures. Ce ne serait pas seulement inconfortable : avec l’humidité régnant dans la cabine, cela pourrait présenter un danger pour la santé des astronautes, la transpiration n’évacuerait plus efficacement l’excès de chaleur corporelle. Cela pourrait également compromettre le bon fonctionnement des équipements électroniques.

C’est donc à bord d’une nouvelle capsule Soyouz que l’équipage retournera sur Terre. En fait, c’est la capsule MS-23 qui devait décoller le 16 mars. Il fera son voyage aller à vide. Son départ a été avancé au 20 février. Que se passerait-il en cas d’incident majeur avant l’arrivée de ce navire « de secours » ? A priori, l’équipage risquerait de monter à bord de la capsule endommagée. Cependant, cela devrait être une question de vie ou de mort. Les ingénieurs étudient la possibilité d’embarquer un ou deux passagers supplémentaires à bord de la capsule Crew Dragon de SpaceX pour limiter le nombre de passagers, et donc la température, à bord du Soyouz. Si tout se passe comme prévu, la capsule MS-22 devrait revenir sur Terre vide début mars, après avoir amarré son remplaçant.

Afin d’assurer une présence continue à bord de l’ISS, Sergei Prokopiev, Dimitri Peteline et Frank Rubio devraient rester en orbite pendant plusieurs mois supplémentaires. La NASA accorde deux semaines pour revoir plus en détail le calendrier des missions à venir.

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