Transports, énergie, Education nationale : le point sur cette journée de grève

L’affrontement entre la CGT et la direction de TotalEnergies s’étend. Mobilisées depuis plusieurs jours, les raffineries françaises sont encore perturbées mardi par des revendications salariales. Son mouvement a inspiré une journée de mobilisation générale et interprofessionnelle le 18 octobre. Le mot d’ordre : hausse des salaires et défense du droit de grève. La CGT proteste contre les réquisitions ordonnées par le gouvernement à divers dépôts de carburant pour approvisionner les stations-service.

Partout en France, plusieurs rassemblements sont prévus ce mardi et des appels à la grève ont été lancés dans de nombreux secteurs. Transports, énergie, éducation nationale, etc. France Bleu fait le point sur les perturbations actuelles.

l’essentiel

  • Transports interrompus. Les trains régionaux sont les plus touchés par cette journée de grève, un train TER et interurbain sur deux circule en moyenne.
  • Grèves des raffineries. Lundi soir, 28,1% des stations étaient en difficulté contre plus de 30% la veille, selon le ministre de l’Energie. De nouvelles réquisitions sur les réservoirs de carburant auront “probablement” lieu dans la journée.
  • Les représentants de CGT TotalEnergies se réunissent ce mardi en début d’après-midi.
  • Un peu plus de 6 % des enseignants sont en grève.
  • Près de 150 événements prévus en France.
  • Possibilité de grève renouvelable jusqu’à la Toussaint.
  • Pourquoi les syndicats appellent-ils à la grève ? Réponse dans cet article.
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SNCF

Le trafic des trains régionaux est perturbé

Les trains régionaux sont les plus touchés par cette journée de mobilisation, menée par la CGT Cheminots et Sud-Rail : un TER et un train Interurbain sur deux en moyenne ne circulent pas. Idem pour les réseaux d’Ile-de-France.

En revanche, le trafic TGV n’est que marginalement impacté, annonce la SNCF. Le trafic Thalys est normal et peu de perturbations sont attendues pour l’Eurostar vers Londres.

Prévisions de trafic SNCF du mardi 18 octobre © Visactu

Prévisions régionales

“Le mouvement pourrait être prolongé jusqu’à la Toussaint”

Sur franceinfo, Erik Meyer, secrétaire fédéral Sud-Rail, s’est félicité d’une mobilisation “plutôt réussie” à la SNCF. Il calcule que “plus d’une locomotive sur deux est en grève”. Le syndicaliste indique que le mouvement pourrait être prolongé jusqu’à la Toussaint. “Tout dépendra des propositions qui seront mises sur la table par la direction”, prévient-il.

A la SNCF, “un tiers des assemblées générales renouvellent (la grève)”, a annoncé sur Twitter le secrétaire général de la CGT Laurent Brun en révélant sur Twitter les premières tendances. « Les autres demandent une nouvelle journée d’action. Alors en tout cas les cheminots sont déterminés à obtenir de vraies augmentations de salaire. Contrairement aux mensonges de la DRH de la SNCF, il n’y avait que 1,4 % et 500 euros par an », a ajouté ajoutée. Le DDH, François Nogué, a indiqué lundi que la SNCF avait augmenté les salaires de 5,8 % en moyenne en 2022, au niveau de l’inflation.

Les transports en commun en Ile-de-France

Neuf lignes de bus RATP sont totalement fermées en Ile-de-France. Dans le reste du réseau, le groupe annonce : deux bus sur trois. La circulation nocturne est normale. La RATP annonce un trafic “presque normal” sur les lignes de métro, avec des perturbations mineures sur les lignes 6, 12 et 13.

Pour le RER, quelques perturbations sont encore à prévoir sur les lignes A et B. Les interconnexions seront maintenues à Nanterre-Préfecture (RER A) et Gare du Nord (RER B).

En région parisienne, le trafic du RER C est fortement perturbé, avec seulement la moitié des trains en circulation. Des perturbations majeures également sur le RER D, avec un train sur trois. Le trafic est perturbé entre Paris Gare de Lyon et Châtelet les Halles. Le RER E est également au repos ce mardi (trois trains sur cinq). Concernant les prévisions de Transilien, les lignes H, N, U sont interrompues. Concernant les lignes J, L, R, P sont fortement perturbées.

Trafic quasi normal voire normal sur toutes les lignes de tram, à l’exception du T7 avec en moyenne 3 trams sur 4 et la ligne ferme à 22h30.

Selon Bertrand Hammache, secrétaire général de la CGT-RATP, le mouvement ne devrait pas être reconduit mercredi. Cette journée de grève a été suivie d’un suivi modéré dans l’entreprise. “En revanche, c’est le début d’un cycle”, a-t-il indiqué, sans exclure les nouvelles journées de mobilisation “après les vacances scolaires de la Toussaint” qui s’achèvent le 6 novembre.

énergie

Du côté des raffineries et des réservoirs de carburant, aucune amélioration significative n’est encore à constater. La mobilisation du secteur pour une augmentation des salaires est à l’origine de cette journée de grève interprofessionnelle. Lundi soir, le ministère de la Transition énergétique a annoncé un chiffre de 28,1 % de stations-service en difficulté d’approvisionnement en France.

Mardi matin sur France 2, Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, n’exclut pas de nouvelles réquisitions dans la journée. Lundi, le dépôt de Feyzin dans le Rhône a été réquisitionné, en plus de celui de Dunkerque. “Notre objectif est de faire en sorte que les désagréments, les désagréments, les files d’attente, la difficulté à trouver une gare, s’arrêtent au plus vite”, ajoute Olivier Véran. « Espérons que demain soir [mercredi]le maximum de solutions aux difficultés locales sont trouvées”, précise le porte-parole du gouvernement.

Olivier Véran ne veut pas remettre en cause “la légitimité” de ce mouvement de grève, mais estime que la situation n’est “pas une situation normale”. Elle demande aux acteurs de « respecter » le dialogue social et les accords conclus entre la direction et les syndicats. La CGT a refusé de signer l’accord conclu la semaine dernière entre TotalEnergies et deux grands syndicats (la CFDT et la CFE-CGC). “Nous respectons le droit de grève mais le blocage n’est pas forcément une grève, et il ne sert pas les intérêts des salariés que nous voulons défendre”, conclut-il.

Les représentants de la CGT TotalEnergies réunis ce mardi soir

En grève depuis trois semaines et à l’origine de cette mobilisation nationale, les représentants de la CGT des compagnies pétrolières de TotalEnergies se réuniront mardi en début de soirée pour décider de la suite qui sera donnée à leur mouvement de revendications salariales. “Nous verrons ce qui se passera ensuite, si nous continuons, ou pas, ou partiellement. Cela dépendra principalement de la journée d’aujourd’hui, ça donne de l’élan et il y a toujours ce sentiment de colère. On verra si c’est suffisant pour entraîner le mouvement. Et au final, ce seront les salariés qui voteront”, a déclaré Eric Sellini, le coordinateur CGT du groupe.

Le mouvement de grève à l’appel de la CGT dans les raffineries et dépôts se poursuit dans tous les sites bloqués du groupe français. Il s’agit à nouveau des installations de TotalEnergies en Normandie, Donges, La Mède, Feyzin (le dépôt, fermeture de la raffinerie pour des raisons techniques) et les Flandres (dépôt). Sur l’ensemble des infrastructures françaises, quatre raffineries sur sept sont touchées par une grève pour leurs activités de raffinage et/ou de stockage. Les trois autres raffineries du pays, opérées par Esso-ExxonMobil et le groupe Petroineos, sont en activité. Selon TotalEnergies, les six sites touchés par la grève comptent un peu plus de 3 400 personnes en CDI. L’entreprise estime le nombre de grévistes sur ces sites à environ 90 salariés.

éducation nationale

Un appel à la grève a été présenté par les syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires de la Fonction Publique. Les fédérations de l’éducation nationale appellent aussi à la mobilisation pour l’augmentation des salaires, la défense du droit de grève mais aussi contre la réforme des centres de formation professionnelle. L’intersyndicale dénonce l’augmentation attendue du temps de pratique d’au moins 50 % qui réduirait les heures de formation générale.

Selon les données du ministère de l’Éducation nationale, un peu plus de 6 % des enseignants sont en grève ce mardi. Dans le détail, 2,48% des enseignants du primaire sont en grève, 9,57% des enseignants du secondaire. Pour la deuxième année, le ministère indique que la participation à la grève dans les écoles est estimée à 7,50%, elle est de 8,67% dans les lycées généraux et technologiques, et de 22,94% en FP. Le 29 septembre, lors de la dernière grève de l’éducation, 11 % des enseignants étaient en grève, toujours selon les données du ministère.

Le SNUipp-FSU réclame une augmentation de 300 euros par mois pour les enseignants. Pour le syndicat SUD, “la hausse de 3,5% du point d’indice n’est pas seulement proche du gel depuis 2019, elle est déjà rongée par l’inflation”. La grève promet également d’être suivie par l’Atsem (agent territorial spécialisé dans les écoles maternelles) et le personnel des foyers pour enfants selon la CGT.

De son côté, le Mouvement du Baccalauréat National appelle au blocage de tous les instituts. Plusieurs sont en cours depuis ce matin, comme à l’Institut Hélène Boucher à Paris.

A Alès (Gard), une trentaine d’élèves du lycée Jean-Baptiste Dumas ont bloqué l’établissement. Idem à Rennes où une vingtaine d’élèves bloquent l’accès au lycée de Bréquigny.

Service publique

L’UFSE-CGT, syndicat majoritaire de la fonction publique, appelle également à la grève ce mardi. Les trois secteurs sont appelés à…

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