De son côté, Bruno Le Maire a dit craindre que le plan d’investissement américain ne fasse courir “le risque d’un choc industriel majeur dans l’industrie française et européenne”.
Le spectre d’une guerre commerciale entre l’Union européenne et les États-Unis ? Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire et le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton ont attaqué lundi la “loi de réduction de l’inflation” (IRA), un vaste plan d’investissement promulgué en août qui offre des subventions massives aux entreprises industrielles du pays.
“J’ai tiré la sonnette d’alarme car je vois l’impact de ce fameux IRA, que les Américains ont mis sur la table, 367 milliards de dollars de subventions offertes dans des proportions gigantesques, (…) qui crée un véritable élément de distorsion de concurrence” , a accusé Thierry Breton auprès de BFM Business ce lundi matin.
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Le commissaire européen au Marché intérieur a assuré être en phase avec Bruno Le Maire sur le sujet. “Il a tout à fait raison”, a-t-il déclaré, interrogé sur les propos du ministre français de l’Economie dans Les Échos. Dans une interview publiée ce lundi dans le journal économique, ainsi que dans trois autres journaux européens (Handelsblatt, El Mundo et Corriere della Sera), le locataire de Bercy a jugé que la “course aux subventions” était “contre toutes les règles du droit international Commerce”. “Je demande une réponse coordonnée, unie et énergique de l’Union européenne à nos alliés américains. Seule la fermeté nous permettra d’obtenir des résultats”, a-t-il ajouté.
“Risque de choc industriel majeur”, selon Le Maire
Sur RMC/BFMTV, ce lundi matin, Bruno Le Maire a avancé le dossier, évoquant “des possibilités de subventions pour des entreprises complètement exorbitantes”. “Je pense que nous devons dire de manière amicale mais claire à nos partenaires américains : ce n’est pas acceptable, c’est une grande difficulté pour nous”, a-t-il insisté. Ajouté à la hausse des prix de l’énergie, “tout cela nous fait courir le risque d’un choc industriel majeur pour l’industrie française et européenne”, a averti le numéro deux du gouvernement français.
Bruno Le Maire a donné quelques chiffres pour évaluer l’importance des subventions américaines. “Dans certains cas, le montant des subventions proposées par l’administration Biden est de quatre à dix fois le montant maximum autorisé par la Commission européenne. En France, nos premières estimations indiquent que 10 milliards d’investissements et des milliers d’emplois industriels”, a-t-il déclaré à Les Selon le ministre, “certaines grandes entreprises étrangères, qui souhaitaient s’implanter en Europe, hésitent désormais entre les positions européennes et américaines”.
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Bruno Le Maire s’est voulu vague sur les réponses que l’UE pourrait apporter au plan américain. “Nous attendons des propositions fermes et proportionnées de la part de la Commission européenne”, a-t-il déclaré. Cela peut passer par une affirmation plus stricte de nos intérêts environnementaux, des mesures préférentielles européennes ou l’accélération de l’utilisation des instruments de réciprocité que nous avons mis en place sous la présidence française du Conseil de l’Union européenne, comme le contrôle des aides d’État aux pays tiers. Régulation.”
Thierry Breton a été plus offensif. En référence à la lettre d’archives envoyée vendredi par les Vingt-Sept aux Etats-Unis, leur demandant de retirer de leur loi neuf mesures jugées “discriminatoires”, et pour certaines contraires aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Le commissaire européen a dit qu’il s’attendait à ce que Washington “résolve” ces points. Sinon, “nous devrons aller à l’OMC et nous proposerons des mesures de rétorsion”, a-t-il dit.
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