Bernard Laporte lors d’une conférence de presse à Paris le 14 décembre 2020. CHRISTOPHE ENA / AP
Le président de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte, condamné le 13 décembre à deux ans de prison avec sursis pour corruption, refuse de quitter son poste, car il a fait appel de la décision, raconte-t-il dans un entretien. accordée au Journal du dimanche du 18 décembre.
“Je suis un légaliste : je ne vois pas pourquoi je devrais partir. Cela signifierait que je reconnais les faits pour lesquels je suis accusé. Impossible”, critique M. Laporte à ceux qui le poussent à quitter ses fonctions à la tête de la FFR.
En poste depuis fin 2016, le président de la Fédération, réélu en 2020 pour un mandat de quatre ans, a été reconnu coupable de cinq des six crimes pour lesquels il était poursuivi, dont la corruption passive et le trafic d’influence.
Depuis qu’il a fait appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris, sa peine de prison avec sursis, ainsi que l’interdiction d’exercer l’activité de président de la FFR pendant une durée de deux ans, ne sont pas immédiatement exécutoires.
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Mais depuis la condamnation, de nombreuses voix se sont élevées pour lui demander de partir, dont la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera, la Ligue nationale de rugby (LNR) ou encore le Comité fédéral d’éthique et de déontologie de la FFR.
“Je suis sûr que je suis innocent”
A tous, M. Laporte, 58 ans, oppose la fin d’irrecevabilité, dans son entretien au JDD. “Ils ont le droit de dire ce qu’ils veulent, je suis sûr que je suis innocent. De plus, il y a des règlements, donc nous les respectons. Si 30% des clubs et des voix demandent une assemblée générale extraordinaire, et que les deux tiers des électeurs inscrits votent pour la démission du comité directeur, alors il peut y avoir de nouvelles élections”, estime-t-il.
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Interrogé sur l’entretien qu’il aura prochainement avec la ministre, Bernard Laporte répond qu’il la connaît “un peu” et qu’il n’a “rien contre”. “Je l’ai au téléphone, je vais la voir et on en reparlera. En tout cas, ça ne m’empêche pas de me représenter aux élections”, assure-t-il.
Dans une lettre de trois pages vendredi, la commission fédérale d’éthique et de déontologie de la Fédération a demandé à l’ancien entraîneur du XV de France de “se retirer provisoirement, par précaution, dans l’attente d’une décision pénale définitive”.
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“Évidemment je prends en compte sa décision, qui sera présentée au bureau fédéral dès que nous pourrons l’assigner”, répond M. Laporte, interrogé sur cette opinion. Selon les informations de l’Agence France-Presse, cette charge fédérale doit être exécutée avant les fêtes de fin d’année.
Le monde avec l’AFP