Le président français Emmanuel Macron. GONZALO FUENTES / REUTERS
Le chef de l’Etat veut se donner le temps de la “consultation”. La réforme sera finalisée dans un projet de loi présenté “avant la fin de l’hiver”, a précisé Elisabeth Borne ce jeudi, écartant notamment l’option d’une modification du PLFSS.
Je voulais aller très vite, ça ne va qu’aller vite. Après un dîner de travail à l’Élysée avec les principales figures de la majorité et du gouvernement, le président de la République a tranché. Il tergiverse sur la réforme des retraites, tout en gardant le pied sur l’accélérateur. En effet, l’exécutif a décidé d’ouvrir un nouveau cycle de consultations avec les partenaires sociaux et les forces politiques afin de faire approuver un projet de loi d’ensemble “avant la fin de l’hiver”, a précisé ce jeudi Elisabeth Borne auprès de l’AFP.
Le Premier ministre était, avec son prédécesseur Edouard Philippe, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, celui du budget Gabriel Attal mais aussi Gérald Darmanin pour l’Intérieur, autour de la table du dîner de l’Elysée qui devait trancher la question de méthode. Étaient également présents le chef du MoDem François Bayrou et celui de la Renaissance, Stéphane Séjourné, ainsi qu’un revenant : l’ancien président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. L’ensemble de la macronie s’est réuni en “bureau politique” comme aux beaux jours du premier quinquennat.
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Pour mener à bien cette réforme hautement inflammable, trois options ont été envisagées : la première, l’intégrer en tant qu’amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), option que le MoDem a pointée. La seconde, en l’intégrant au modificateur PLFSS qui sera examiné en janvier. Le troisième, construire un projet de loi ad hoc, est ce que privilégie désormais l’exécutif.
“Une envie de synthèse”
Après les tensions apparues ces dernières semaines au sein de la majorité, il appartenait au chef de l’Etat de mettre tout le monde d’accord. “Le président était dans une volonté de synthèse”, raconte un membre de la majorité. Parmi ceux qui prônaient l’adoption de la réforme au plus vite cet automne et ceux qui demandaient du temps pour la concertation, Emmanuel Macron s’est plutôt prononcé en faveur de cette dernière.
Dans cette perspective, Elisabeth Borne a demandé au ministre du Travail Olivier Dussopt “d’entamer dès la semaine prochaine des négociations” avec les organisations patronales et syndicales, ainsi qu’avec des “groupes parlementaires”. “Tous les sujets seront abordés, des carrières courtes aux carrières longues, en passant par l’emploi des seniors et la pauvreté”, rapporte un membre de l’exécutif.
Parmi elles, le “système de carrière longue”, prenant en compte “ceux qui ont eu des emplois difficiles”, “la prévention des départs à l’emploi”, “les problématiques d’évolution en fin de carrière, et la transition entre emploi et retraite”, ou encore voire “la revalorisation (jusqu’à 1.100 euros, ndlr) de la retraite minimum pour les personnes ayant accompli une carrière professionnelle complète”, a précisé le Premier ministre.
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Emmanuel Macron souhaite que le projet de loi soit présenté et voté « avant la fin de l’hiver », c’est-à-dire au plus tard en février, pour qu’il entre en vigueur en juillet 2023. « Le président a défini une stratégie avec un calendrier et des séquences claires avec un volonté de réforme intacte », informe l’un des convives du dîner. Les syndicats vont pourtant tenter aujourd’hui de boucler cette « volonté » du chef de l’État en défilant à travers la France contre la réforme des retraites.