Nicolas Sarkozy sort de la salle d’audience de la cour d’appel de Paris, le 7 décembre 2022. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Il y a longtemps que les trois juges de la cour d’appel de Paris, les deux représentants du parquet et les avocats de la défense sont confrontés à leur exégèse d’un passage du toucher de la ligne Bismuth, cette ligne cachée grâce au fait que le L’avocat Thierry Herzog a cru pouvoir s’entretenir discrètement avec son client Nicolas Sarkozy. Ce mercredi 7 décembre, il s’agit du moment où Thierry Herzog annonce à Nicolas Sarkozy que son « ami Gilbert [Azibert] “”Il a eu accès à l’avis qui ne sera jamais publié par le speaker” de la chambre criminelle de la Cour de cassation, qui devra bientôt se prononcer sur le sort des journaux de l’ancien président de la République, confisqués dans le cadre de l’Affaire Bettencourt. « Vous savez qu’il y a du boulot ! », commente l’avocat, fier et heureux d’apporter une bonne nouvelle à son client.
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Cet “avis”, dont Gilbert Azibert aurait eu connaissance grâce à ses qualités relationnelles avec ses collègues de la Cour, est l’un des éléments du “pacte de corruption” reproché aux trois prévenus. L’accusation s’y accroche, la défense veut l’écarter et, entre les deux, le tribunal s’interroge. Alors battons-nous. Cette “opinion” est-elle vraiment une “opinion” ? Ne s’agirait-il pas plutôt d’un “rapport”, qui n’est pas couvert par le secret ? Nous répétons chacune des phrases des conversations interceptées. La défense prétend trouver des preuves qu’il ne s’agit que du “rapport”. L’accusation leur oppose ce “il” un peu plus loin, qui établirait au contraire qu’il s’agit bien de la fameuse “opinion”.
Quant à Nicolas Sarkozy, dont les écoutes téléphoniques montrent qu’il ne comprend manifestement pas les arcanes de la procédure pénale, est-il conscient qu’il a accès à des informations classifiées ? Ce point d’exclamation traduit-il sa jubilation ? Cette virgule, son hésitation ? Faut-il voir dans ce « Hum, bon », l’indifférence, l’incompréhension ou l’expression satisfaite d’une victoire ?
“Je n’ai pas besoin de tuteur”
Au front, l’ancien président écoute tranquillement les interprétations offertes par le troupeau en robe noire qui l’entoure. Seuls les mouvements saccadés de son épaule traduisent son impatience. Du coup, il n’en peut plus, il s’approche du micro.
“Mes avocats, merci, je pense que je voulais dire ça. Madame et monsieur le procureur pensent que je l’ai exprimé. Eh bien. Je n’ai pas besoin de tuteur. Je m’explique. Cela montre l’impossibilité pour un tribunal de statuer sur un crime sur la base de conversations téléphoniques. C’est juste une preuve supplémentaire. Pas une preuve. Il n’y a aucun élément matériel. Rien pour m’incriminer. Moi, j’essaie d’aider la justice, parce que c’est dans mon intérêt. ne dis pas, entendu.”
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