La France enverra des chars Leclerc en Roumanie, des véhicules Griffon en Estonie et des avions Rafale en Lituanie.
Bien avant les attaques massives de la Russie contre l’Ukraine lundi, le président de la République, Emmanuel Macron, avait prévu d’annoncer un renforcement de la présence militaire française sur le flanc est de l’Europe. Dans un premier temps, le chef de l’Etat devait donner les détails vendredi à Prague, après le sommet des 27 dirigeants de l’Union européenne. Il a préféré attendre. Il appartenait au ministre des Armées, Sébastien Lecornu, de faire les annonces, lors de son audition devant la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat ce mardi.
“Compte tenu de la violence des combats en Ukraine”, selon les mots du ministre, la France va “élever” sa posture défensive dans le cadre des missions de l’Otan. Il déploiera une compagnie de véhicules de combat d’infanterie (VBCI) et un escadron de chars Leclerc en Roumanie, où la France est la « nation cadre » de la mission Aigle. Il appartient à la France d’encadrer et de coordonner les forces alliées déployées, notamment belges et néerlandaises. Les effectifs français sur le terrain devraient également doubler d’ici la fin de l’année, selon les plans de juin, à plus de 600 soldats. La France avait également envoyé un système de défense aérienne MAMBA plus tôt cet été pour défendre la base de l’OTAN en Roumanie.
Lire aussi OTAN : la France “soutient pleinement le choix souverain” de la Finlande
Le déploiement des chars Leclerc est un acte symbolique fort. La France avait déjà envoyé douze Leclerc en Estonie l’année dernière, où elle a également une présence tournante. Ces forces sont censées dissuader toute attaque contre l’OTAN. “La France prend toute sa part”, dit-on au ministère des Armées. Les Alliés mènent huit missions de présence renforcée (eFP) sur le flanc oriental de l’Europe.
Rafales en Lituanie
Les chars Leclerc ne sont pas les seuls déploiements français supplémentaires. Paris enverra également des Rafale* en Lituanie, en remplacement du Mirage, qui assure des missions de police du ciel au-dessus des pays baltes et de la Pologne. Une compagnie d’infanterie légère sera également déployée en Estonie. Il pourrait être équipé du Griffon, le nouveau véhicule blindé qui équipe l’armée. En Estonie, le Royaume-Uni est la nation cadre. La France enverra ainsi une centaine de soldats supplémentaires, en plus des 300 déjà présents. La France n’a jamais été aussi impliquée dans les missions de l’OTAN. Environ 1 500 soldats pourraient être déployés au total d’ici fin octobre et début novembre.
Lire aussi OTAN : Macron célèbre le « consensus » sur l’adhésion de la Suède et de la Finlande
Lors du sommet de Madrid en juin dernier, les alliés se sont engagés à renforcer leur posture de défense, et à pouvoir mobiliser jusqu’à 300 000 soldats si nécessaire. “L’OTAN est aux côtés de l’Ukraine”, a déclaré mardi le secrétaire général de l’alliance, Jens Stoltenberg, à la veille d’une réunion du groupe de contact pour l’Ukraine et jeudi d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN. Démonstration de la tension actuelle, le secrétaire général a également mis en garde contre la tenue de l’exercice allié Steadfast midi, qui porte sur la dissuasion nucléaire. Il s’agit d’un exercice “de routine” pour s’assurer que la dissuasion alliée “est sûre et efficace”.
*Le Rafale est construit par le groupe Dassault, propriétaire du Figaro.
VOIR AUSSI – Ukraine : Images des dégâts causés par la frappe russe à Zaporijia