1 Combien de cas ont été identifiés ?
Au sein de l’Union européenne, 20 400 cas confirmés de monkeypox ont été enregistrés. Les patients européens représentent un tiers des personnes infectées dans le monde. En France, 4 084 cas ont été enregistrés. La région Ile-de-France compte le plus grand nombre de patients (61%), suivie par l’Occitanie, la PACA et l’Auvergne-Rhône-Alpes. La Bretagne est l’une des trois régions métropolitaines qui en compte le moins (40).
2 Comment évolue l’épidémie ?
En France, comme en Europe, le nombre de nouveaux cas a chuté de façon spectaculaire. Si la propagation a été rapide dès début juin, et a atteint un pic (jusqu’à 300 nouveaux malades par semaine) entre mi-juin et mi-juillet, aidé par la “fierté”, le nombre de nouvelles contaminations depuis n’a cessé de augmenter. déclin Même maintenant, il est très faible. Depuis le 11 octobre, seuls 20 cas ont été enregistrés en France.
“Plusieurs facteurs ont probablement contribué au recul de cette épidémie”, analyse le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), dans un rapport. « Efforts de communication et d’engagement des risques des associations communautaires ; des changements dans le comportement sexuel des individus, en diminuant le nombre de partenaires sexuels ; la fin de l’été, réduisant les déplacements et les grands événements ; immunité, acquise par contamination ou vaccination ; et le dépistage devient moins fréquent, soit en raison de la saturation des services de santé, soit par choix (peur de la stigmatisation, prise de conscience de l’inexistence de traitement, peur de la longue durée de l’isolement, etc.). »
3 Quelle population a été la plus touchée ?
Ce sont surtout des hommes, pour la plupart entre 31 et 40 ans, qui ont des relations sexuelles avec des hommes. Un pourcentage important de cas ont été diagnostiqués chez des personnes vivant avec le VIH qui n’étaient pas gravement immunodéprimées parce qu’elles suivaient un traitement.
Mais les hommes ne sont pas les seuls. En France, 105 des 4 084 cas étaient des femmes. Et 10 enfants de moins de 15 ans. “Étant donné que la probabilité d’infection pour la population générale est considérée comme très faible et que l’impact de la maladie en général est également faible, le risque global pour la population générale reste faible”, conclut l’ECDC, qui précise que la transmission se produit principalement pendant “contact sexuel étroit.”
4 Quelle est la gravité de l’infection ?
Les symptômes sont désormais bien connus : principalement de la fièvre et des lésions de la peau et des muqueuses, “dont les sites génitaux et recto/anaux”. Si la gêne est esthétique et que des complications sont possibles, la maladie reste majoritairement bénigne. En Europe, “1,1% des patients ont nécessité une hospitalisation et cinq cas ont été admis en réanimation”, précise l’ECDC. Quatre patients sont décédés. En France, 2,2 % des patients ont dû être hospitalisés, mais aucun décès n’a été signalé.
5 Est-ce la fin de l’épidémie ?
La baisse drastique des nouvelles infections à monkeypox pourrait laisser présager la fin de l’épidémie. “On va vers la fin, mais on n’y est pas encore”, assure le virologue Jean-Claude Manuguerra. “Des incertitudes importantes demeurent”, confirme l’ECDC. Notamment du fait « qu’une proportion non négligeable d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sont encore susceptibles de contracter la maladie », faute d’avoir été vaccinés. Un retour aux “comportements sexuels d’avant l’épidémie” pourrait aider à raviver le virus.
“Une épidémie qui ralentit peut être plus dangereuse, car on peut penser que la crise est terminée et baisser notre prudence”, avait prévenu mi-octobre Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.
Dès lors, le scénario le plus probable pour les deux prochains mois tend vers un nombre toujours plus faible de nouveaux cas, avec la persistance d’épidémies sporadiques, plutôt qu’un véritable déclin régulier ou une élimination totale, juge le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. A plus long terme, l’éradication reste “possible” en Europe, si le dépistage, la vaccination, la recherche des contacts et la collaboration entre Etats sont maintenus.
“La source africaine est toujours présente et, dans un contexte où il peut y avoir des mouvements de population, on peut avoir à tout moment de nouveaux cas exportés et une nouvelle vague épidémique”, renchérit Steve Ahuda Mundeke, chef du service de virologie à l’Institut de biomédecine. Rechercher. en République Démocratique du Congo et membre d’une équipe IRD/Inserm.