Ce devrait être un coup de maître. Faire venir l’un des meilleurs défenseurs centraux de la dernière Coupe du monde, un international étagé au CV riche en titres et en matches de haut niveau, connu pour son leadership et sa haine de la défaite, est une opération improbable pour un huitième de Ligue 1. 1 avec des perspectives sportives déprimantes. Mais l’OL a beau être insignifiant sur le terrain, il a pu s’offrir Dejan Lovren, officialisant ce lundi le retour de l’international croate de 33 ans jusqu’en juin 2023.
Le retour semble pourtant familier et le dernier qui a eu droit à une telle présentation, au même poste, à côté de l’OL s’appelait Jérôme Boateng, arrivé à l’été 2021. Le même qu’au début de l’année 2023 il a été relégué au bas de la hiérarchie défensive, celui qui ressemble à un boulet dont le club aimerait se débarrasser mais qui le restera jusqu’en juin prochain.
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Jérôme Boateng (OL)
1 crédit
Un secteur déficient
Le parallèle dépasse même le cadre du terrain : Lyon avait été choqué par le procès de l’Allemand, qui a depuis été condamné pour violences conjugales. On espère que le club rhodanien ne sera pas surpris par la polémique autour de son nouveau défenseur, filmé célébrant le podium croate en recueillant une chanson nationaliste écrite par un chanteur fasciste.
Reste que cette arrivée soudaine répond à une urgence absolue pour Laurent Blanc : trouver un patron défensif. Une situation à laquelle avaient déjà été confrontés Peter Bosz, Rudi Garcia, Sylvinho ou encore Bruno Génésio. Ni Marcelo, ni Jason Denayer, ni Jérôme Boateng, ni Joachim Andersen n’ont pu incarner cet homme de base et le fait que Castello Lukeba soit le défenseur central le plus rassurant des cinq dernières années à Lyon montre que le recrutement aura été très insuffisant. dans ce domaine de jeu.
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Cette arrivée symbolise aussi autre chose. C’est au moment où l’OL a dû changer de cap et de dimension qu’il a fini par se replier sur lui-même : le retour de Lovren n’était que le dernier d’une longue liste, avec ceux de Lacazette et Tolisso évidemment, mais aussi ceux, moins médiatisés, de Rémi Riou. ou Ludovic Giuly dans la peinture. Une façon de se calmer mais pas forcément de progresser.
Nouveau de l’ancien
Une manière, aussi, de montrer que les idées ont quitté le camp lyonnais : faire revenir deux anciennes gloires à domicile (Lacazette et Tolisso), un défenseur en fin de carrière avec un contrat expirant en 2023 (Lovren), un ailier tournant l’Ukraine verrouillée (Tête) et un aspirant de L2 (Lepenant) dont la réputation avait largement dépassé son cadre de championnat ne résultent pas directement d’un repérage réussi ou d’une cellule de recrutement sur mesure de l’époque, même si cela a été reconsidéré, au moins numériquement, depuis Bruno Cheyrou a pris le pouvoir.
Bruno Cheyrou (Lyon) / Ligue 1
Crédit : Getty Images
Là où le recrutement avait été une force de l’OL pendant ses années de domination, il est devenu une source de grandes interrogations. Depuis le grand chamboulement de l’été 2019 avec l’intronisation de Juninho comme directeur sportif, les succès se comptent sur les doigts d’une main. Tout le contraire des échecs. Andersen, Thiago Mendes, Reine-Adélaïde, Kadewere, Koné, Jean Lucas, Camillo, Slimani, Faivre, Shaqiri, Ndombélé ou Da Silva ont échoué dans leur mission à leur niveau tandis que d’autres affaires restent pendantes, comme celle de Karl. Toko Ekambi.
Cruel s’il en est, les deux seuls dossiers qui ont apporté des bénéfices sportifs et économiques à l’OL durant la période ont été gérés par le Brésilien, parti brutalement depuis : Lucas Paqueta et Bruno Guimaraes. A 33 ans, Dejan Lovren ne devrait pas permettre une belle plus-value sur le marché des transferts lyonnais. Mais s’il pouvait permettre une reprise sportive plutôt que les comptes, il aurait déjà tous les bons choix.
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