Liz Truss, nouvelle Premier ministre du Royaume-Uni

Liz Truss est la troisième femme à diriger le gouvernement britannique, après Margaret Thatcher (1979-1990) et Theresa May (2016-2019). ANDY BUCHANAN / AFP

Les membres du Parti conservateur, majoritaire au Parlement britannique, ont choisi : étonnamment, l’actuelle ministre des Affaires étrangères Liz Truss a été choisie pour devenir le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni, après la démission de Boris Johnson en juillet, a annoncé le parti, Lundi 5 septembre. Mme Truss l’a largement emporté (57%) sur son rival, l’ancien ministre des Finances Rishi Sunak (43%), selon les résultats annoncés par Graham Brady, qui a organisé le sondage.

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Les quelque 200 000 membres du parti ont dû départager deux candidats lors d’un vote par correspondance et en ligne du 1er août au 2 septembre. Le résultat du vote laissait peu de place au suspense car Mme Truss était en tête dans les sondages. Selon un sondage YouGov publié le 21 juillet, 62% des membres conservateurs interrogés la préféraient, contre 38% qui se disaient prêts à choisir M. Sunak (une différence de vingt-quatre points).

Mme Truss, 47 ans, devient ainsi la troisième femme à diriger le gouvernement britannique, après Margaret Thatcher (1979-1990) et Theresa May (2016-2019).

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Députée de Norfolk (Est de l’Angleterre) depuis 2010, Mme. Truss a enchaîné divers postes ministériels sous trois premiers ministres depuis 2012 (environnement, justice, trésor, égalité femmes-hommes, etc.). Dans sa jeunesse, il milite au sein des libéraux démocrates (centre) avant de rejoindre les conservateurs.

Il est désormais très à droite au sein de son parti. En 2016, Mme Truss a voté contre le Brexit, avant de changer d’avis et de devenir inflexible sur la question. Il a également défendu avec acharnement le projet de loi sur le protocole d’Irlande du Nord, un projet de loi qui supprime des parties cruciales du traité sur le Brexit, que Bruxelles considère comme une violation des engagements internationaux du Royaume-Uni. En fin de compte, il a réussi à passer pour le candidat de la continuité, exagérant la loyauté envers M. Johnson.

Le Premier ministre britannique sortant, qui doit remettre mardi 6 septembre sa démission à Elizabeth II, a appelé lundi le Parti conservateur à se rallier “à 100%” derrière Liz Truss, qui a remporté la course pour lui succéder, mais hérite une majorité affaiblie par les scandales et divisée par la campagne. “Il est maintenant temps pour tous les conservateurs de la soutenir à 100%”, a tweeté la dirigeante, affirmant : “Elle a le bon plan pour faire face à la crise du coût de la vie, unir notre parti et poursuivre le grand travail d’unification et de nivellement de notre pays”. . . »

Une situation économique particulièrement difficile

Libérale convaincue, Mme Truss a fait campagne sur une seule proposition : des réductions d’impôts. Cependant, il n’a pas précisé comment il aiderait les Britanniques à faire face à l’inflation, ni comment il financerait des services publics gravement sous-financés.

Pour sa part, M. Sunak a placé la lutte contre l’inflation (plus de 10% en un an en juillet) au sommet de ses priorités, jugeant irréalistes les promesses de réduction d’impôts de Mme Truss. Il a également subi une image de traître qui a précipité la chute de M. Johnson, toujours très populaire parmi les membres du parti. Début juillet, il a démissionné de son poste de ministre des Finances, suivi d’une soixantaine de membres du gouvernement, las des plaisanteries du Premier ministre. Mme Truss était restée.

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Mme Truss hérite d’une situation financière particulièrement difficile. L’inflation devrait continuer à augmenter, atteignant 22 % d’ici 2023, selon le pire scénario de Goldman Sachs. Le contexte social n’est pas moins explosif : cheminots, dockers, avocats… la hausse du coût de la vie a provoqué des grèves sans précédent dans le pays depuis les années 1980.

Les Britanniques sont particulièrement préoccupés par la hausse des prix de l’énergie. Le 26 août dernier, le régulateur national du marché du gaz et de l’électricité annonçait que la facture annuelle moyenne des ménages passerait en octobre de 1 971 à 3 549 livres sterling (de 2 279 à 4 104 euros). Il pourrait même atteindre 6 000 £ d’ici 2023. À ces niveaux, 25 % des Britanniques ne pourront plus payer leurs factures, tout comme des dizaines de milliers d’écoles, d’hôpitaux ou de PME.

Le monde avec l’AFP

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