Liz Truss lors d’un meeting à Birmingham, le 23 août 2022. RUI VIEIRA / AP
Des ruelles calmes, des rangées de villas en pierre jaune du Yorkshire, un vaste établissement scolaire caché dans la verdure, quelques pubs soignés… Au nord de Leeds, le quartier de Roundhay contraste agréablement avec le reste de cette métropole des Midlands, ancienne textile capitale devenue un centre commercial et universitaire actif, mais sans charme.
C’est dans cette enclave bourgeoise que la ministre des Affaires étrangères, Mary Elizabeth Truss, 47 ans, la nouvelle Premier ministre britannique, choisie par les dirigeants du parti conservateur, le lundi 5 septembre, sera nommée à Downing Street par la reine Elizabeth. II, mardi, a passé son adolescence. Étudiante studieuse, la troisième femme – et la troisième conservatrice – à occuper ce poste, après Margaret Thatcher et Theresa May, a fréquenté la Roundhay School, établissement public réputé, avant d’obtenir une place à l’université d’Oxford, option PPE (politique, philosophie, économie ), la manière royale de fréquenter les allées du pouvoir.
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En juillet, au début des primaires du Parti conservateur provoquées par la chute de Boris Johnson, chassé par ses propres députés, dans le sillage du “partygate”, Liz Truss affirmait avoir été élevée “au coeur du mur rouge”. “. » (dans le nord de l’Angleterre, connu pour ses quartiers pauvres) et qu’il y avait rencontré des étudiants « qui [son] il a abandonné l’école. Ces déclarations n’ont pas été bien accueillies, les médias locaux faisant état de réactions indignées de la part d’habitants affirmant qu’il n’y avait rien de défavorisé dans leur quartier.
Campagne à part entière
De passage à Leeds le 28 juillet pour participer au premier débat public l’opposant à l’ex-chancelier de l’Échiquier Rishi Sunak, Liz Truss a de nouveau convoqué ces souvenirs contestés. Une façon pour cet homme politique, au carré blond et à la peau ivoire, adepte des tenues de pouvoir et des talons hauts, de peaufiner une image de « contestataire » provincial ; une vraie « Yorkshire girl », comme elle aime à le souligner, qui tirerait de cette région « une grande détermination et l’habitude de dire la vérité ». “C’est ce dont nous avons besoin à Downing Street en ces temps de crise, quelqu’un d’audacieux, qui rejette le statu quo”, a-t-il ajouté à Leeds.
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Liz Truss s’est cependant installée il y a des années à Greenwich, un quartier privilégié du sud-est de Londres. Il est issu d’une famille bourgeoise : son père, John, professeur universitaire de mathématiques, et sa mère, Priscilla, infirmière militante de gauche, se sont rencontrés sur les bancs de la prestigieuse université de Cambridge. Mais ses petits écarts par rapport à la réalité ne lui ont fait aucun mal auprès des membres du Parti conservateur, qui ont dû choisir entre elle et M. Sunak.
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