La ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, lors d’une conférence de presse devant le Conseil des ministres européens de l’Énergie, à Bruxelles, le 24 novembre 2022. OLIVIER MATTHYS / AP
Force est de constater que la question de la limitation du prix du gaz empoisonne la vie des Européens. Depuis un an, et plus encore depuis le début de la guerre en Ukraine, les chefs d’État et de gouvernement passent des heures à en parler lors de leurs réunions. Les services de la Commission y ont également perdu quelques nuits. Et quand, enfin, l’exécutif communautaire fait une proposition, cela suscite tant de mécontentement que les Vingt-Sept prennent en otage d’autres textes qui, pourtant, leur seraient bien utiles en ces temps d’inflation galopante et de crise économique.
Lors du Conseil des ministres européens de l’Energie, jeudi 24 novembre, ils ont décidé de ne pas approuver les deux propositions législatives d’urgence – censées entrer en vigueur dès qu’elles auront le feu vert du Vingt-sept – qui figuraient à l’ordre du jour et qui font cependant l’objet d’un compromis.
Le premier doit permettre d’accélérer l’octroi des autorisations dans le secteur des énergies renouvelables. La seconde prévoit que les Européens adoptent un nouvel indice des prix du gaz, plus représentatif de la réalité du marché, afin qu’ils achètent du gaz ensemble et que, si l’un d’eux vient à manquer, il soit sûr que ses partenaires le feront. envoie-le
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“Nous ne rouvrirons pas les négociations sur ces deux textes”, assure Jozef Sikela, ministre tchèque de l’Industrie, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE). “Le deal” est là, a-t-il poursuivi, mais il sera “scellé” lorsqu’il y aura un “consensus” des Vingt-Sept sur le plafonnement du prix de l’essence. “Nous n’avons pas encore ouvert la bouteille de champagne, mais nous la mettons au frigo”, a-t-il conclu.
Remplissage obligatoire
Bien que les prix de l’énergie se soient envolés depuis le 24 février, ces mesures font partie des outils que les Européens ont identifiés pour les réduire, au même titre que la réduction de 15% de la consommation de gaz sur laquelle ils se sont déjà engagés, les négociations qu’ils mènent. La Norvège ou les États-Unis pour ne pas payer un prix élevé pour le gaz qu’ils leur achètent, voire le remplissage obligatoire de leurs réserves de gaz.
Si les Européens les jugent utiles pour juguler l’inflation en quelques mois, la plupart affirment qu’ils sont accompagnés d’un dispositif capable de faire sentir leurs effets plus rapidement. Ils voient des usines fermer plutôt que de payer leurs factures d’énergie, voire investir ailleurs, là où l’énergie est moins chère. Dans ce contexte, quinze États membres, dont la France, l’Italie, la Pologne et la Belgique, ont exigé en septembre une limitation des prix du gaz. Face à l’inertie de la Commission, qui lui est hostile, certains d’entre eux ont menacé, ces derniers jours, de bloquer toute avancée sur d’autres dossiers énergétiques.
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