La Nupes “a redonné espoir”, estime Boris Vallaud à la tête du groupe PS à l’Assemblée
Olivier Faure, Boris Vallaud, Jérôme Guedj et Valérie Rabault dans la salle des quatre colonnes de l’Assemblée nationale, le 23 juin 2022. JULIEN MUGUET POUR “LE MONDE”
Le député landais Boris Vallaud a été élu ce matin président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, en remplacement de Valérie Rabault, qui n’était pas candidate, a indiqué l’Agence France-Presse à une source parlementaire. Boris Vallaud, 46 ans, également porte-parole du Parti socialiste, l’a emporté par vingt-six voix contre quatre face à son collègue Guillaume Garot. Jérôme Guedj, qui a tué la ministre Amélie de Montchalin dans l’Essonne, avait retiré sa candidature ce matin.
A la tête de ce groupe d’une trentaine de députés, M. Vallaud succède à l’élue du Tarn-et-Garonne Valérie Rabault, qui s’est montrée à plusieurs reprises peu enthousiaste au sujet de l’alliance de gauche Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) scellée avec Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) aux législatives.
Les Nupes “ont donné de l’espoir”, alors qu’ils étaient dans “l’affirmation de tout ce que nous sommes”, a déclaré M. à la presse. Vallaud immédiatement après son élection.
Mme Rabault avait décidé de ne pas briguer la présidence du groupe, qu’elle dirigeait depuis avril 2018. En prenant la tête des députés PS, elle était devenue la première femme présidente du groupe à l’Assemblée sous la V République.
Boris Vallaud, membre de la même promotion qu’Emmanuel Macron, est un spécialiste des questions techniques de financement de la sécurité sociale, dont il s’est régulièrement exprimé à l’Assemblée nationale depuis son arrivée en 2017. Ce haut fonctionnaire a travaillé avec Arnaud Montebourg au Conseil général. Conseil. de Saône-et-Loire puis à Bercy de 2012 à 2014 pendant le quinquennat de François Hollande. Il devint ensuite secrétaire général adjoint de l’Elysée puis conseiller de M. Hollande. C’est Henri Emmanuelli qui l’a poussé à se présenter dans son fief landais en 2017.
Emmanuel Macron est un “président populiste” aux yeux de Boris Vallaud. “Je me sens socialiste, de gauche, à un moment grave où la République est consommée par les deux bouts : RN et LRM”, déclarait-il à l’AFP il y a quelques mois.
Parfois catégorisé comme “techno”, il est aussi adepte des petites phrases et des bons mots. Au cours de la précédente législature, il a régulièrement donné des conférences de presse pour le groupe socialiste à l’Assemblée le mardi matin. Au Palau-Bourbon, il s’est notamment battu contre la réforme de l’assurance-chômage, la ratification du CETA ou des mesures sur l’immigration, dénonçant le “dangereux strabisme” d’un président qui regarde “vers l’extrême droite”.