26 octobre 2022 Aujourd’hui à 03:20
L’entreprise de Nivelles, qui s’inspire du biomimétisme pour produire de l’hydrogène, a levé 3,3 millions et choisi un sous-traitant pharmaceutique.
Le projet de H2Win, la jeune entreprise wallonne dédiée à imiter la photosynthèse pour produire de l’hydrogène, commence à convaincre de plus en plus de monde. La société basée à Nivelles vient de lever 3,3 millions d’euros auprès d’une dizaine d’investisseurs privés, parmi lesquels des représentants de grandes familles d’entrepreneurs belges.
Il comprend, entre autres, Bertrand Velge, Eric Swenden et Jérôme Lhoist. “Des actionnaires qui se comportent comme de véritables business angels : ils s’impliquent dans ce que nous faisons, nous informent, multiplient les contacts… et siègent au conseil d’administration”, souligne Philippe Lorge, fondateur et PDG de H2Win. Celui-ci vise à doubler la participation grâce à des subventions à l’innovation.
“Les nouveaux actionnaires se comportent comme de vrais business angels…”
Philippe Lorge
Fondateur et PDG, H2Win
3,3 millions
lever des fonds privés
H2Win a levé 3,3 millions d’euros auprès d’une dizaine d’investisseurs privés belges.
« Nous avons l’opportunité de présenter un projet au Fonds fédéral pour la transition énergétique ; la Région wallonne nous soutient ; des perspectives s’ouvrent aussi de la part de la Commission européenne, qui veut favoriser l’investissement dans l’hydrogène, précise-t-il. Tout cela évolue très vite. “
algues bleues
Bref, le procédé innovant sur lequel travaille H2Win utilise de l’eau, de la lumière et une enzyme issue d’algues bleues. Par oxydation, les molécules d’eau se dissocient en électrons et protons H+ (un atome d’hydrogène chargé positivement). L’entreprise recombine ces protons avec des électrons de l’eau pour produire de l’hydrogène.
Pourquoi les algues bleues ? Parce qu’ils ont des enzymes très fortes et résistantes, qui agissent comme des catalyseurs pour faciliter la réaction.
H2Win a également développé un procédé original pour produire ces enzymes : il synthétise des plasmides reproduisant le code génétique de l’enzyme, et les insère dans une bactérie. Par fermentation, ce dernier va produire l’enzyme en grande quantité.
“Le marché attend avec impatience ce remplacement des catalyseurs de la famille du platine dans les générateurs de batterie.”
Philippe Lorge
Fondateur et PDG, H2Win
Remplacer le platine
La membrane enzymatique développée sur ces bases est susceptible de remplacer le platine dans les piles à combustible. C’est la première application sur laquelle travaille H2Win.
« Un substitut de ce type aux catalyseurs de la famille du platine dans les générateurs à batterie est très attendu par le marché, souligne Philippe Lorge. En effet, le platine est frappé par une double criticité : il fait l’objet de spéculations et l’un des principaux producteurs est Russie.”
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Des algues pour produire proprement de l’hydrogène
H2Win a entamé une collaboration avec Xpress Biologics, une société pharmaceutique basée à Herstal, pour développer une méthode de production industrielle de ces protéines recombinantes (enzymes). “De la démonstration en laboratoire, on passera à un vrai prototype”, assure le PDG, qui table sur des débuts de commercialisation dans les deux ou trois prochaines années.
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