La France, qui se dit dans une situation plus “favorable” que ses voisins, devra acheter un nouveau terminal méthanier flottant surtout l’an prochain pour assurer son approvisionnement.
Le gouvernement a appelé dimanche 10 juillet à “se mettre rapidement en ordre de bataille” pour faire face à l’éventualité d’une coupure totale de l’approvisionnement en gaz russe, “l’option la plus probable” selon le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
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“Préparons-nous à la coupure totale du gaz russe, c’est aujourd’hui l’option la plus probable. Cela signifie que nous allons accélérer notre indépendance énergétique”, a-t-il affirmé lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence numéro 2 du gouvernement français, qui veut profiter de l’été pour « se mettre en ordre de bataille » avant l’hiver. « Nous sommes très indépendants. La première indépendance doit être énergétique”, a-t-il martelé à Aix.
Quant à l’approvisionnement, “nous risquons d’avoir des tensions sur le gaz cet hiver”, avait prévenu samedi la Première ministre Elisabeth Borne lors d’une rencontre avec la presse. Pour éviter les pénuries, le gouvernement a demandé que les capacités nationales de stockage de gaz soient remplies « à presque 100 % » d’ici le début de l’automne. “Dans l’électricité, normalement, selon les projections d’EDF, on devrait avoir une production plus élevée, puisque les douze réacteurs (sur 56) actuellement fermés par corrosion vont être redémarrés”, a déclaré samedi Elisabeth Borne.
Mais en cas de panne d’électricité, le gouvernement prépare pour l’hiver une série de mesures visant à prioriser les ménages et certaines industries. “Evidemment on garde les maisons et (…) on ne coupe pas les usines ni les transports en commun”, a détaillé samedi Élisabeth Borne. “Il faut se mettre de l’ordre maintenant sur l’organisation, le déversement, la sobriété, la réduction des consommations… c’est maintenant qu’il faut prendre les décisions”, s’est fait l’écho du ministre de l’Economie.
Répartir l’effort
Ainsi, il pourrait être demandé à certaines installations industrielles qui “ralentissent leur consommation d’énergie, voire d’arrêter leur consommation d’énergie pendant un certain temps”, a précisé M. Le Maire, bien qu’il ait précisé qu'”il est totalement impossible” pour certaines installations, de ne pas “casser l’outil industriel”. Face au risque de voir Vladimir Poutine couper le robinet du gaz en Europe, “une option crédible”, a déclaré Bruno Le Maire dans un entretien à LCI en marge des Rencontres d’Aix, “il faut anticiper les conséquences”.
La France, qui se dit dans une situation plus “favorable” que ses voisins, devra acheter un nouveau terminal méthanier flottant surtout l’an prochain pour assurer son approvisionnement. “Il faut répartir l’effort entre les administrations, les particuliers et les entreprises”, a déclaré Bruno Le Maire. Le gouvernement a également lancé trois groupes de travail pour améliorer la sobriété énergétique dans l’administration, les entreprises et les établissements recevant du public. L’objectif est d’établir une feuille de route pour réduire la consommation d’énergie de 10 % en deux ans par rapport à 2019. « C’est une question de mois, mais cela doit aussi nous amener à prendre une série de décisions d’investissement et à faire preuve d’imagination. La France est extraordinairement imaginative, créative en matière d’énergie », a déclaré Bruno Le Maire à LCI.
Le risque de pénurie énergétique ne s’arrête cependant pas aux frontières françaises, puisque le président de la Commission européenne a appelé mercredi les 27 États membres de l’Union européenne à “se préparer à de nouvelles ruptures d’approvisionnement en gaz, voire à un coupe de la Russie “. L’Allemagne, en revanche plus dépendante du gaz russe que la France, est déjà en alerte. Le Bundestag a adopté un plan d’économies : plus de chauffage au-dessus de 20 degrés en hiver et plus d’eau chaude dans les bureaux individuels, par exemple.