Le cas médical de Schubert, entre syphilis, typhus et empoisonnement

Schubert est l’un des compositeurs les plus prolifiques du XIXe siècle… Et pourtant, il est mort très jeune, à 31 ans, de la syphilis. Schubert à travers l’œil de la médecine est un sujet proposé par Cécile Poss.

Les documents relatifs à l’état de santé de Schubert sont peu nombreux. Il faut dire que la syphilis, que Schubert avait contractée à l’âge de 24 ans, était alors une maladie cachée car punissable.

Mes créations existent à travers la connaissance de la musique et ma douleur.

Schubert contracta probablement la syphilis en 1822, le traitement qu’il subit fut sans doute une période très difficile de sa vie car, à l’époque, les patients atteints de cette maladie étaient soumis à des traitements à base de mercure qui leur étaient administrés par tous les moyens possibles. Ce fut un “traitement héroïque”, souligne le docteur Jean-Louis Michaux, qui a consacré plusieurs livres aux compositeurs et à leurs maladies.

Les traitements étaient donc très encourageants, ils maintenaient le patient dans une hospitalisation difficile, à domicile, avec des régimes très restrictifs si bien qu’il était coupé de la vie sociale pendant plusieurs semaines voire quelques mois, ce qui était aussi le cas de Schubert. Puis il s’est rendu compte que c’était une maladie grave et que cela pouvait changer sa vie.

“Je me vis comme le plus malheureux et le plus misérable des hommes sur cette terre. Imaginez un homme dont la santé ne peut jamais être bonne et qui, dans le désespoir, fait pire que mieux. Imaginez un homme dont les plus grandes espérances restent réduites à néant, à qui le bonheur de l’amour et de l’amitié n’offre que la plus grande douleur, dont l’enthousiasme pour la beauté menace de disparaître, et demandez-vous si ce n’est pas la plus misérable et la plus malheureuse. Je reviendrai et je ne le trouverai jamais, c’est ce que je sais bien chanter tous les jours car, chaque soir en m’endormant, j’espère ne plus me réveiller et chaque matin ne m’apporte que le malheur de la veille.

François Schubert

La théorie de l’empoisonnement de Schubert

Si nous avons très peu de documents médicaux sur Schubert, nous avons tout de même des informations sur lui grâce à son frère, Ferdinand, qui nous raconte par exemple que trois jours avant la mort de Franz, il a vu un médecin qui lui a diagnostiqué un typhus, ce qui est entièrement possible parce que le traitement au mercure qu’il recevait pour la syphilis a pour effet secondaire de détruire les reins.

Mais il existe aussi une théorie de l’empoisonnement de Franz Schubert, beaucoup moins connue que la théorie de l’empoisonnement de Mozart. Le 30 octobre 1828, 20 jours avant sa mort, les frères Schubert allèrent manger dans une auberge où Schubert aurait mangé un poisson très frais en s’exclamant : « ce poisson que je mange a un goût de poison ». Cela a conduit certaines personnes à dire que Schubert avait été empoisonné, mais Schubert souffrait de dysgueusie, c’est-à-dire d’un changement de goût. Comme l’explique Jean-Louis Michaux dans son livre “Le cas Schubert”, “Schubert a vomi ses traitements contre la syphilis, il a donc dû subir un nouveau traitement au mercure qui a sans doute donné un goût métallique à sa boca, sur , l’un des poisons utilisés à l’époque et avec laquelle Mozart s’est cru empoisonné, c’est l’acqua tofana qui donne précisément ce goût métallique.”

Ainsi s’est créée une théorie autour de l’empoisonnement de Schubert, alimentant ce “mystère” autour de la mort du compositeur.

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