Le mercure s’affole, approche voire dépasse les 35°C dans de nombreuses régions, et la tension monte dans les élevages. D’autant que cette nouvelle canicule inédite de la mi-juin fait suite à un précédent épisode de fortes chaleurs et d’absence de pluie en mai.
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“Pour toutes les cultures qui ne sont pas arrivées à maturité, il y a un risque d’échaudure. C’est-à-dire que le grain n’est pas rempli, explique Eric Thirouin, président de l’Association générale des producteurs de blé, un producteur céréalier d’Eure-et-Loir. La récolte d’orge d’hiver a commencé deux semaines plus tôt que prévu. Les premières récoltes concernent les sols superficiels qui ont le plus souffert du stress hydrique et de la chaleur. Il y a des baisses de rendement sur ces terres, mais il faudra quelques semaines pour évaluer le potentiel global car il y a eu des tempêtes bénéfiques. Selon les données publiées par FranceAgriMer vendredi 17 juin, le taux de récoltes de blé jugées bonnes ou très bonnes a atteint 65 % contre 81 % à la même période de 2021. Quant à l’orge, il est de 63 % contre 76 % un an. plus tôt.
La chaleur du printemps a également accéléré la croissance de l’herbe entraînant une première coupe précoce chez les éleveurs. Les producteurs de fruits, comme les cerises ou les abricots, ont également assisté à une maturation rapide, sans obtenir les calibres habituels. Des événements qui bousculent les pratiques des agriculteurs, habitués à jongler avec le temps.
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S’inquiéter de l’eau
“Cela fait des décennies que je suis ici. C’est la troisième fois cette année que j’arrose du blé. Là où il y a eu des tensions hydriques en juillet et août, il y a un risque de températures élevées de juin à septembre, avec le changement climatique, » M. Thirouin, qui a donc déjà entamé son potentiel d’irrigation, au détriment des cultures de maïs et de pomme de terre, habituellement irriguées l’été.
“Le gros problème, c’est l’eau. Avec l’augmentation des températures, le besoin en eau sera plus important pour un même rendement”, souligne Bruno Darnaud, président de l’AOP pêches et abricots, arboriculteur dans la Drôme, même si pour le moment il se contente d’arroser. ses vergers avec l’eau du Rhône. Aujourd’hui pourtant, 48 % de l’eau consommée en France est absorbée par l’irrigation. Or, selon les données publiées par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), seulement 5 % de la surface agricole utile est irriguée. Il n’est pas surprenant que le maïs sous toutes ses formes, grains, semences ou fourrage, représente près de la moitié de ces hectares irrigués. Vient ensuite le blé avec 18 %, une part croissante, puis les vergers (8 %), le potager (7 %), enfin les betteraves, les pommes de terre, le colza ou la vigne représentent chacun entre 2 et 4 %.
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