Inflation, retraites, motion de censure, immigration : ce qu’il faut retenir de l’interview télévisée d’Emmanuel Macron

Le chef de l’Etat a annoncé ce mercredi de nouvelles aides contre l’inflation. Il a dénoncé le “cynisme” des oppositions gauche et RN, avant d’arriver à LR.

Il a tenté d’enseigner un cours au cours de son deuxième mandat de cinq ans. Ébranlé par la crise énergétique et une série d’échecs à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron a livré mercredi soir un exercice d’explication d’une heure à l’émission “L’Événement” sur France 2. Deux semaines après une interview consacrée à la guerre en Ukraine , le chef de l’Etat a tenté de rassurer les Français sur la situation intérieure, dans le but affiché de “passer” la “tempête” de la hausse des prix. Il a également fustigé le “désordre” de la gauche et du Rassemblement national (RN), tout en appelant à une “alliance” avec Les Républicains (LR).

Retraites : Macron “ouvert” à un report de l’âge légal à 64 ans, contre un allongement de la durée de cotisation

Afin de “préserver notre modèle social”, Emmanuel Macron a défendu la réforme des retraites, en vue de son entrée en vigueur à l’été 2023. “Il va falloir changer l’âge légal de la retraite de quatre mois par an”, a affirmé , tout en confirmant son calendrier : 63 ans en 2025, 64 ans en 2028 et 65 ans en 2031. Mais le chef de l’Etat s’est dit “ouvert” à un report de l’âge de départ à 64 ans, et non à 65 ans. , “en échange” d’une prolongation de la période de cotisation. Il veut aussi “réformer nos régimes spéciaux”.

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Energie : Une hausse des prix jusqu’à 15% pour les ménages

Face à la forte hausse des prix – 5,6 % en un an -, notamment pour l’énergie, Emmanuel Macron a confirmé que le bouclier tarifaire pour le gaz et l’électricité sera élargi mais sera réduit l’année prochaine. “Dans les premiers mois de l’année, il y aura une augmentation de 15% (des prix)”, a déclaré le chef de l’Etat. “C’est beaucoup. Mais si on laisse faire, ce devrait être des augmentations de plus de 100%”, a-t-il souligné, “on a déjà amorti, on va continuer à amortir”.

Budget : le 49-3 utilisé face à la « démagogie » des partis d’opposition

Le chef de l’Etat a justifié le recours controversé au 49-3 pour approuver le budget sans vote à l’Assemblée nationale le 19 octobre. « Le Gouvernement a eu raison en approuvant ce budget, même face à toutes les oppositions parfois démagogiques », a-t-il déclaré, convaincu d’avoir ainsi « évité plusieurs milliards de dépenses avec un gaspillage peu utile ».

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Motions de défiance : gauche et RN accusés de “cynisme” et de “désordre”

Sur un ton vif, Emmanuel Macron a dénoncé le “cynisme” et le “désordre” à l’Assemblée nationale. Dans son viseur : la “coalition baroque” des députés de gauche, qui a voté lundi sa motion de censure avec le soutien du RN. Sans toutefois réussir à renverser le gouvernement, faute de soutien de LR. Le chef de l’Etat a ciblé les insoumis et leurs alliés, “disposés à aller main dans la main avec le RN”.

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La “volonté” d'”alliance” avec les LR

Désireux de faire passer ses réformes, le président “veut” une “alliance” avec LR et le groupe centriste Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (Liot). “Ils ont envoyé un message clair : nous ne voulons pas bloquer le gouvernement”, a-t-il déclaré. Dès lors, la direction est précisée : “un travail” doit être “fait” avec “ces parlementaires” pour approuver les futurs projets de loi : retraites, immigration ou encore énergies renouvelables.

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Électricité : un “prix raisonnable” garanti aux collectivités et aux PME

Pour aider les entreprises et les collectivités, Emmanuel Macron veut “garantir un prix raisonnable” de l’électricité. Les petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que les collectivités, bénéficieront d’un “mécanisme” de remboursement qui sera dévoilé vendredi par la Première ministre Élisabeth Borne. Il comprendra également les très petites entreprises “énergivores”. Comme pour les entreprises de taille moyenne et les grands groupes, un “help desk” sera ouvert, avec un système de paiement initial et des critères d’accès “simplifiés”.

Une “grande conférence sur la valeur partagée” au lieu d’une taxation des super bénéfices

Le président a annoncé une “grande conférence sur la répartition de la valeur”, réalisée dans le cadre du Conseil national du remboursement. Un “travail nécessaire”, à entendre, préféré à une taxation des “super bénéfices” proposée par la gauche. A ce sujet, Emmanuel Macron a rappelé son soutien à un mécanisme de “contribution temporaire” au niveau européen, qui permette “de financer des mécanismes d’aide” face à l’inflation.

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Macron ne voit aucun lien « existentiel » entre immigration et sécurité, mais veut durcir les règles

Emmanuel Macron n’y voit pas “un lien existant entre immigration et insécurité”, dix jours après le meurtre d’une adolescente de 12 ans, Lola, par un Algérien en situation irrégulière. Mais elle indique qu’à Paris, “au moins la moitié des actes de délinquance” proviennent “d’étrangers soit en situation irrégulière, soit en attente d’un permis”. Il faut donc intégrer « beaucoup plus vite » ceux qui veulent rester, mais aussi « durcir » les règles pour « mieux lutter contre l’immigration clandestine ». Objectif d’Emmanuel Macron : expulser « 100 % » des étrangers en situation irrégulière « les plus dangereux ».

Plus de “repas à un euro” pour les étudiants

“Comme pendant la crise du Covid”, l’exécutif veut soutenir les étudiants les plus précaires. Mis en place pendant l’épidémie, le système de repas à un euro va donc être étendu aux restaurants universitaires. “Les aides ciblées” seront “renforcées” vers ceux qui en ont le plus besoin, y compris les familles à faible revenu, a promis Emmanuel Macron.

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