Inflation : Le prix d’un paquet de cigarettes va augmenter en 2023, confirme Elisabeth Borne

CHARLY TRIBALLEAU / AFP Le prix d’un paquet de cigarettes va augmenter “comme l’inflation”, a annoncé la Première ministre Élisabeth Borne. (Photo d’illustration)

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Le prix d’un paquet de cigarettes va augmenter “comme l’inflation”, a annoncé la Première ministre Élisabeth Borne. (Photo d’illustration)

TABAC – Mauvaise nouvelle pour les fumeurs. Après deux ans de stabilité, le prix d’un paquet de cigarettes va “augmenter comme l’inflation”, a annoncé la Première ministre Elisabeth Borne ce lundi 26 septembre à RMC/BFMTV, avant la présentation du projet de budget 2023 en Conseil des ministres

“Je confirme que le prix du forfait […] augmentera comme l’inflation. Ce serait assez paradoxal si la hausse des cigarettes était inférieure à l’inflation”, a-t-il dit, signifiant qu'”enfin, relativement, le prix baisserait”. “Vu l’impact du tabac sur la santé, je pense que ce serait plus compréhensible et c’est pourquoi nous avons prévu d’indexer le prix d’un paquet de cigarettes sur l’inflation”, selon le Premier ministre.

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Le prix moyen d’un forfait supérieur à 11 euros en 2024

Vendredi, le journal Les Echos a révélé que le gouvernement envisageait de modifier certaines règles en matière de taxation du tabac et d’indexer les droits d’accise sur le tabac à l’inflation. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) présenté ce lundi en Conseil des ministres prévoit une hausse en deux temps, échelonnée entre 2023 et 2024 : le prix moyen du forfait, “aujourd’hui 10,15 euros”, augmentera de “50 centimes”. en 2023 et 35 centimes en 2024″, ce qui “le portera à 11 euros”, a indiqué Bercy à l’AFP. Le gouvernement annonce également “de nouveaux barèmes adaptés” pour les produits moins taxés aujourd’hui, comme désormais le tabac à rouler et le tabac à chauffer. .

Pour justifier cette hausse, le gouvernement avance que la hausse des taxes de 2018 à 2020, qui a porté le paquet de 20 cigarettes à 10 euros, a porté ses fruits en termes de santé publique, entraînant une “baisse sans précédent de la consommation de ces produits”. : -22% en volume entre 2017 et 2021″ et environ “deux millions de Français qui ont arrêté de fumer depuis 2017, selon Santé publique France”, précise Bercy.

Cependant, après un gel fiscal en 2021 et 2022, une inflation élevée, si elle n’est pas répercutée sur les prix du tabac, pourrait entraîner une “baisse des prix réels du tabac” et augmenter la consommation, selon le ministère. Habituellement, la hausse des droits d’accise – taxes prélevées sur la vente de certains produits comme l’alcool et le tabac et destinées à décourager leur achat – est indexée chaque année sur l’inflation mesurée deux ans auparavant. Cette augmentation est généralement limitée à 1,8 %.

“Si on laisse les jeunes commencer à fumer avec un paquet pas cher, on produit les fumeurs des 30 prochaines années : mais le vrai scandale, c’est qu’à 14 ou 15 ans, on achète déjà des cigarettes sans aucun contrôle, chez les buralistes”, a déclaré Loïc Josseran. , professeur de santé publique et président de l’Alliance contre le tabac.

“Cette importante mesure fiscale nous permet de réfléchir sur la consommation et de gagner en pouvoir d’achat, sachant que l’arrêt du tabac est intégralement pris en charge par l’assurance maladie. Un Smicard qui arrête de fumer lui rend un tiers de son salaire”, souligne-t-il.

Un choix critiqué par les constructeurs

Sans surprise, les fabricants de cigarettes ont protesté contre une “augmentation considérable des taxes” selon Jeanne Pollès, présidente de Philip Morris France, qui produit la marque Marlboro la plus vendue au monde. Cela pénalisera “les Français les plus pauvres” et “aggravera l’augmentation du commerce de fausses cigarettes bon marché”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Même son de cloche chez British American Tobacco (BAT), qui évoque un “don au crime organisé”, selon un porte-parole, qui a prédit l’apparition de “nouvelles usines de tabac contrefait en France” – deux ont désormais été démantelées.

Première cause de mortalité évitable, le tabac tue environ 73 000 personnes en France, avec un coût direct de 20 à 26 milliards d’euros par an pour l’assurance maladie et un “coût social” global (décès, maladies, perte de production, mais aussi dépenses de prévention ). , répression et traitement, pour l’Etat) estimé à 120 000 millions par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

La fiscalité du tabac rapporte annuellement entre 13 000 et 14 000 millions d’euros à l’Etat, selon Bercy. Il y a un an, un rapport parlementaire estimait à 3 000 millions d’euros le manque à gagner fiscal, lié au tabac illégal consommé en France – estimé entre 14 et 17 % de la consommation.

Vendredi, les buralistes avaient réclamé “une visibilité pluriannuelle de la fiscalité”, a indiqué à l’AFP Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, qui représente les 24.500 buralistes qui ont le monopole de la vente du tabac.

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