Les frontières des territoires illégalement annexés par la Russie restent floues après que l’armée ukrainienne s’est emparée de plusieurs villes ces derniers jours.
L’armée ukrainienne revendique des avancées quotidiennes dans la région de Louhansk et notamment à Lyman. -Reuter. Head of the Global Department Par Philippe de Boeck et AFP Publié le 10/05/2022 à 18:15 Temps de lecture : 3 min
Depuis la reprise dimanche de l’importante ville et nœud ferroviaire de Lyman (Est), l’armée ukrainienne revendique des progrès quotidiens dans la région de Louhansk. “Le chômage dans la région a commencé. Plusieurs localités ont déjà été libérées de l’armée russe”, a déclaré mercredi le gouverneur régional ukrainien Sergiy Gaidai. “Le drapeau ukrainien y est hissé par les forces armées ukrainiennes. Nous progressons”, a-t-il poursuivi.
C’est aussi le cas ces derniers jours dans la région de Kherson (sud) avec des avancées importantes le long du Dniepr, notamment dans les villages de Nova Kakhovka et Davydi Brid.
Tout cela après avoir récupéré la quasi-totalité de la région de Kharkiv (nord-est) aux Russes, ouvrant la voie à la poursuite de la contre-offensive vers celle de Louhansk, fief des séparatistes installé par Moscou depuis 2014.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé mardi soir que “des dizaines de localités avaient été libérées cette semaine seulement” dans les quatre régions annexées illégalement par la Russie lundi après un vote à la Douma (Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporijia). Vladimir Poutine a signé mercredi la loi édictant cette annexion. Mais certaines de ces régions annexées de force ne sont pas ou plus contrôlées par Moscou, comme le montrent diverses cartes ukrainiennes et russes.
“Ces territoires seront récupérés”
En réaction à ces développements, le Kremlin s’est engagé mercredi à reprendre les territoires récemment “perdus” dans les régions annexées tout en affirmant qu’ils seront avec la Russie “pour toujours”. “Ces territoires seront repris et nous continuerons à consulter la population locale sur son désir de vivre en Russie”, a déclaré à la presse le porte-parole du président russe Dmitri Peskov.
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Il a été interrogé sur les frontières exactes des régions annexées, où les forces russes ont quitté certaines localités après les contre-offensives ukrainiennes. Le flou demeure sur les frontières que le Kremlin revendique justement dans ces territoires, où les combats se poursuivent.
“arrête de mentir”
Un haut responsable parlementaire russe a appelé mercredi les militaires à “cesser de mentir” sur ses défaites en Ukraine, alors que les troupes à Moscou se retirent sur plusieurs fronts.
“Les gens le savent. Notre peuple n’est pas stupide. Et il voit que nous ne voulons pas lui dire ne serait-ce qu’une partie de la vérité. Cela peut conduire à une perte de crédibilité”, a déclaré Andrei Kartapolov, chef de la commission de la défense de la Douma, la chambre basse du parlement russe, et ancien commandant militaire.
De son côté, le ministère russe de la Défense reconnaît très rarement les déboires de ses troupes, se contentant de publier un rapport quotidien dans lequel il liste les lourdes pertes qu’il prétend infliger à son adversaire.
La centrale électrique de Zaporijia a également été annexée
Alors que le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) se rend à Kyiv pour discuter de la création d’une zone tampon autour de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, la Russie a annoncé qu’elle s’était officiellement appropriée le site conformément à un décret signé par Vladimir Poutine.
Sous pression, il a assuré mercredi que la situation militaire va “se stabiliser” dans les territoires ukrainiens qui revendiquent l’annexion mais où ses forces subissent une série de revers face à l’armée ukrainienne.