Giroud au Qatar : boycott impossible ?

De retour chez les Bleus en l’absence de Karim Benzema, après avoir été recherché dans quatre des cinq derniers rassemblements, Olivier Giroud a profité de l’occasion que lui offrait Didier Deschamps ce jeudi soir face à l’Autriche (2-0) : un but, une passe décisive et un rôle joué à la perfection devant. La Coupe du monde, c’est dans deux mois, mais cela suffira-t-il à convaincre le sélectionneur ?

Par Jérémie Baron, à l’Estadio de France jeudi 22 septembre Modifié vendredi 23 septembre à 00:38

Peu de choses en Europe devraient valoir l’amour de San Siro, c’est vrai. Mais Olivier Giroud a dû manquer, pendant un an et trois mois, d’entendre ce Stade de France bourdonner, scandant son patronyme à l’unisson. La dernière fois, c’était en juin 2021, lorsque le gros bâton de Chambéry avait inscrit un doublé face à la Bulgarie, à quelques jours d’une Coupe d’Europe où il n’aura gratté que 40 minutes de jeu en quatre jours. Depuis, le Français a découvert la Serie A, l’a saccagée du haut de ses 35 bancs et a soulevé le Scudetto. En équipe de France, cependant, son état n’a cessé de glisser vers la boîte de ceux avec qui Didier Deschamps ne sait plus trop quoi faire.

Deux buts de Thierry Henry

Car entre juin 2021 et cet été, le Rouge noir il a quasiment disparu de la circulation internationale, n’ayant mis les pieds à Clairefontaine qu’une seule fois lors des cinq rencontres des Bleus. Votre seule fenêtre d’opportunité ? Deux matches amicaux contre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud, où il a diverti le public du Vélodrome et Pierre-Mauroy, avec un pion à chaque fois. Cependant, La Déche préféra encore Wissam Ben Yedder, trois mois plus tard, et le laissa méditer en Lombardie. Jeudi dernier, l’entraîneur a confirmé ne s’être rendu à la tour de contrôle de Milan qu’au moment où un certain Karim Benzema – avec qui la coexistence semble compliquée – est tombé malade, mais peu importe : comme à son habitude, l’attaquant – central a profité de sa chance avec son à pleines dents, avec ce qu’il sait faire.

Pendant soixante-dix-huit minutes, le champion de France 2012 a rappelé ce qui faisait sa force sous le maillot national en affrontant les coéquipiers de David Alaba : ce rôle de pivot derrière le but que personne d’autre ne semble capable d’assumer entre la poule française, ses remises qui huilent le jeu, son activité dans les airs et sa présence en surface, la peur qu’il inspire aux yeux de ses gardes du corps, sa complémentarité avec Antoine Griezmann (un autre bleu embêtant, qui a déjà connu le dernier but de G avec le Tricolore). et aussi sorti en même temps que lui) ou son omniprésence dans les circuits de passage dès qu’on commence à le rencontrer. Et ça s’est fait tout seul : en récupérant un libre autrichien juste avant l’heure de jeu, il a pu débloquer Kylian Mbappé, permettant aux Bondynois de planter leur propre but ; Dix minutes plus tard, il entend le gâteau de Grizou arriver et commet une faute sur le 89 yards de Philipp Lienhart pour placer une belle tête sur les cordes de Patrick Pentz : 2-0, signé Giroud.

35e et 357e – Grâce à son but contre l’Autriche, Olivier Giroud est devenu ce jeudi soir, à 35 ans et 357 jours, le plus vieux buteur de l’histoire de l’équipe de France, devant Roger Marche (35 ans) et avec 287 jours en Décembre. 1959 contre l’Espagne). briscard #FRAAUT pic.twitter.com/0u5ORYB3I8

– OptaJean (@OptaJean) 22 septembre 2022

“Il fait tout pour être sûr d’aller en Coupe du monde” Didier Deschamps

“J’ai toujours considéré qu’un joueur qui a un statut doit conserver le même statut en équipe de France.a froidement expliqué DD à propos de l’ancien Tourangeau, dimanche sur Téléfoot. Humainement, c’est très difficile quand on ne le sauve pas. » Une manière de ne pas donner trop de faux espoirs à leur attaquant, qui même empilant sur les bonbons à chaque apparition avec EDF, a encore de bonnes chances de ne pas voir le Qatar. En attendant, l’intéressé poursuit son œuvre : le plus vieux passeur mais surtout le plus vieux buteur de l’histoire de cette sélection (à 35 ans et 357 jours), pointe désormais à deux succès (49 en 113 matchs depuis 2011) de Sa Majesté Thierry Henry. Après son récital de joueur, Deschamps est apparu “Heureux pour Olivier, il le mérite. Il a eu des périodes plus compliquées, au club, où il n’avait rien ou presque. Si je l’appelle et que je le mets, c’est qu’il soit bon et qu’il marque des buts. Il a été impliqué dans une beaucoup d’actions offensives, beaucoup de combinaisons. […] Continuez votre bon travail. N’interprétez pas. Vous ai-je dit qu’il ne serait pas là ou le serait-il ? (dans le monde) ? Ni l’un ni l’autre, mais il fait tout pour être sûr d’y aller. Il y a beaucoup, beaucoup de concurrence à chaque poste. Je peux avoir un peu plus de marge de manœuvre, mais ce n’est pas porter du 26 pour porter du 26. Bon pour ce qu’il a fait. » Le seul boycott au Qatar que le football français autorisera est donc peut-être celui d’Olivier Giroud.Les Bleus notent face à l’Autriche

Par Jérémie Baron, au Stade de France Interview par MB, au Stade de France

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