Garde à vue levée, suspect profilé : ce que l’on sait de l’évolution de l’enquête sur la fusillade à Paris

La garde à vue de l’homme interpellé après avoir ouvert le feu vendredi à Paris et tué trois personnes a été levée samedi pour raisons de santé.

Deux hommes et une femme sont morts vendredi dans le 10e arrondissement de Paris, abattus lors d’une fusillade. Un homme abattu à plusieurs reprises devant un centre culturel kurde dans un quartier commerçant animé et populaire auprès de la communauté kurde du centre de Paris. Il a également blessé trois hommes, dont un grièvement, avant d’être maîtrisé par plusieurs personnes et arrêté par la police.

• Que sait-on du principal suspect ?

L’homme de 69 ans est un machiniste à la retraite de nationalité française. Selon les informations de BFMTV, il aurait déclaré lors de son interpellation vouloir s’en prendre à la communauté kurde. On ne sait pas, à ce moment, s’il a réitéré ces propos lors de sa garde à vue, lors de ses auditions.

L’accusé était déjà connu de la police et de la justice avant la fusillade de vendredi. Il est inculpé depuis décembre 2021 de violences avec arme, préméditées et à caractère raciste, et dégradation pour des faits commis le 8 décembre 2021. Il est soupçonné d’avoir poignardé des migrants dans un camp à Paris et d’avoir découpé leurs tentes.

Après un an de détention provisoire, il a été libéré le 12 décembre, comme l’exige la loi française, et placé sous contrôle judiciaire, selon le parquet de Paris.

Il a également été condamné en 2017 à six mois de prison avec sursis pour détention prohibée d’armes et, en juin dernier, à douze mois de prison pour des violences avec armes à feu commises en 2016 contre des braqueurs. Il a fait appel de cette condamnation.

Vendredi matin, “il n’a rien dit en partant (…) Il est fou. Il est fou”, a déclaré à l’AFP le père du suspect, âgé de 90 ans, le décrivant comme “calme” et “retraité”.

• Pourquoi la garde à vue a-t-elle été levée ?

Au lendemain de l’attentat, le parquet de Paris avait annoncé que “le mobile raciste des faits” avait été “rajouté” à l’enquête ouverte pour meurtre, tentative de meurtre, violence armée et violations de la législation sur les armes. L’homme, interpellé vendredi, a été immédiatement interpellé.

Mais cette garde à vue a été levée samedi, puisque “le médecin qui a examiné l’accusé ce jour-là en fin d’après-midi a déclaré que l’état de santé de l’intéressé était incompatible avec la mesure de garde à vue”, a rapporté le parquet de Paris. bureau en fin de journée.

“Le prévenu a été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. Dès lors, la mesure de garde à vue a été levée dans l’attente de sa présentation devant le juge d’instruction lorsque son état de santé le permettra”, a ajouté le parquet.

Ce dernier devra communiquer à nouveau la procédure dimanche.

• Pourquoi le Parquet national antiterroriste n’a-t-il pas été contacté ?

Samedi soir, le parquet national antiterroriste (PNAT) ne s’est pas saisi du dossier. Certaines personnalités ont toutefois qualifié la fusillade d'”attentat”, comme le député EELV Julien Bayou, ou d'”acte terroriste”, comme Jean-Luc Mélenchon.

De son côté, le porte-parole du Conseil démocratique kurde en France, Agit Polat, a estimé ce samedi qu'”il ne fait aucun doute” que son association “est ainsi visée à caractère terroriste et politique”. La fusillade a eu lieu devant le siège de l’association.

Les actes de terrorisme désignent, dans le Code pénal, “les crimes commis intentionnellement, en relation avec une entreprise individuelle ou collective, dans le but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur”, explique la DGSI sur son site. Le PNAT peut donc se saisir des faits s’il estime que l’enquête met en évidence ces caractéristiques.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a déclaré vouloir « rappeler la différence entre un crime raciste, à caractère haineux, et un acte terroriste », lors d’un discours à la presse samedi.

“La différence est de savoir si vous adhérez ou non à une idéologie politique revendiquée”, a-t-il ajouté. C’est ce que l’enquête doit déterminer.

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