L’attaque, qui a débuté dans la nuit de samedi à dimanche, oblige l’hôpital à transférer les patients nécessitant une intervention technique vers d’autres établissements d’Île de France.
Le Centre Hospitalier Francilien Sud (CHSF) de Corbeil-Essonnes est victime d’une attaque informatique qui a débuté dans la nuit de samedi à dimanche vers 1h du matin, et qui a gravement altéré son activité, notamment aux urgences et au bloc opératoire, selon un rapport. communiqué de presse de l’établissement, confirmant les informations du RMC. Une demande de rançon de 10 millions de dollars, libellée en anglais, a été réclamée par le ou les pirates, a indiqué à l’AFP une source policière.
Une enquête a été ouverte pour intrusion dans le système informatique et pour tentative d’extorsion en bande organisée au sein de la section cybercriminalité du parquet de Paris. Les investigations ont été confiées aux gendarmes du Centre de la criminalité numérique (C3N), a ajouté le parquet.
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L’hôpital de l’Essonne a lancé dimanche un “plan blanc”, un plan d’urgence pour assurer la continuité des soins. « Les informaticiens ont constaté un dysfonctionnement. Ils se sont dit que c’était une panne (…) mais quand une rançon de 10 millions de dollars a été demandée, ils ont compris”, déclare le directeur de l’hôpital, Gilles Calmes. Les logiciels de gestion de l’hôpital, les systèmes de stockage (y compris les images médicales) et le système d’information sur les admissions des patients ont tous été rendus inaccessibles, selon la direction. Malgré cette modalité dégradée qui nécessite l’utilisation de dossiers papier, les patients hospitalisés ne sont pas concernés, précise la direction.
Patients dirigés vers d’autres hôpitaux
Les patients dont la prise en charge nécessite l’accès au plateau technique sont redirigés vers les hôpitaux publics d’Ile-de-France. Ceux qui se présentent spontanément aux urgences “sont évalués puis éventuellement dirigés vers le pôle médico-social du centre hospitalier Sud Francilien”, selon le communiqué.
Pour les patients hospitalisés au CHSF, “les services médico-techniques (notamment de biologie médicale) peuvent travailler à court terme en mode dégradé”. L’établissement “fait tout pour maintenir les soins ambulatoires”, promet-il, mais “en revanche, cette situation exceptionnelle devrait avoir un impact sur l’activité du bloc opératoire”. “Cette attaque n’affecte pas le fonctionnement et la sécurité du bâtiment hospitalier”, assure le centre hospitalier qui précise que “tous les réseaux continuent de fonctionner (téléphone à l’exception du fax, flux de distribution automatisés, etc.)”.
Ce mode dégradé oblige le personnel à revenir aux “dossiers papier et stylo” pour les patients déjà hospitalisés, a confirmé à l’AFP Medhy Zeghouf, adjoint au maire d’Évry-Courcouronnes et président du conseil de surveillance du CHSF. “Certains appareils et systèmes sont vraiment altérés, il y aura une déprogrammation des actes et des opérations”, ajoute-t-il. “On ne peut plus enregistrer un seul patient”, témoigne Franck Banizette, délégué syndical Sud Santé, lors de l’événement et ajoute que “seules les urgences vitales sont prises en charge”.
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Contactée par l’AFP, la direction n’a pas souhaité commenter ce texte. En avril 2022, une cyberattaque contre le système d’information du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) Cœur Grand Est avait touché neuf établissements et en mars dernier, un hôpital d’Ajaccio avait également été victime d’une « cyberattaque de ransomware ».
Pure perte
Le ministre de la Santé, François Braun, a qualifié l’attaque sur Twitter d ‘”innommable” et a déclaré qu’il attendait des poursuites judiciaires contre les auteurs. Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour intrusion dans un système informatique et tentative d’extorsion en bande organisée, sous le contrôle de sa section cybercriminalité. Les investigations ont été confiées aux gendarmes du Centre de la criminalité numérique (C3N), a ajouté le parquet. L’Autorité nationale de sécurité et de défense des systèmes d’information (Anssi) a été “rapidement capturée par la cellule de crise”, a-t-il ajouté.
Selon une source proche, “une famille de ransomwares a été identifiée”. Cette cyberattaque vise à nouveau un hôpital, un secteur piraté par des ransomwares depuis deux ans. En 2021, l’Anssi a enregistré en moyenne un incident par semaine dans un établissement de santé. Mais les hôpitaux publics français ne peuvent pas payer de rançon en raison de leur statut, et donc les attaques contre eux sont vaines car les cybercriminels ne recevront aucune compensation, quels que soient les dommages causés.
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Les experts disent que les cybercriminels agissent aveuglément, ciblant au hasard tout système informatique dans lequel ils peuvent pénétrer, ou parce qu’ils s’inspirent d’exemples d’attaques contre des hôpitaux américains, des institutions souvent privées de budget pour payer des rançons. Pour lutter contre ce phénomène grandissant, suite à l’épidémie de Covid-19, l’Etat a alloué 25 millions d’euros à la cybersécurité des établissements de santé. Parallèlement, 135 hôpitaux ont été désignés “opérateurs de services essentiels”, ce qui les oblige à se conformer à des normes de cybersécurité plus exigeantes que les établissements ordinaires.
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