Dans le grand livre d’histoire des Blues, il serait bien de réserver un chapitre entier au Danemark. Parmi les adversaires que l’équipe de France a affrontés depuis 1904, les champions d’Europe 1992 ne sont pas les plus prestigieux ni ceux qui sont instantanément associés aux moments les plus mémorables de l’aventure tricolore. Cependant, lorsqu’ils sont dans les parages, les Danois sont toujours annonciateurs de quelque chose. Les plus belles heures, plus souvent. Comme les années 1984, 1998, 2000 et 2018. D’un gadin historique, une fois en 2002.
Dans moins de deux mois, le Français rencontrera Christian Eriksen et ses amis pour la sixième fois dans la phase finale de la grande compétition. Ce sera le 26 novembre au stade 974 de Doha. Et il faudra espérer que cette beauté qui n’a pas sa place – puisque les bleus viennent d’être battus deux fois par le Danemark en moins de quatre mois – aura une tenue plus gaie que les rencontres au Stade de France (1-) . 2) et Copenhague (2-0).
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En juin dernier, la fatigue et les problèmes physiques avaient touché les Bleus. Dimanche, les erreurs physiques, toujours elles, et l’inexpérience patente ont une nouvelle fois plongé les joueurs de Didier Deschamps dans le doute et dans une incertitude qui n’est jamais bonne, quoi que disent les acteurs d’une soirée à oublier.
C’est déjà trois défaites
Contre l’Autriche jeudi, la jeunesse et la fraîcheur d’une équipe remaniée, mais encadrée par Varane et quelques champions du monde survivants, avaient rebondi et mis le désastre de juin en veilleuse. Dimanche, le Danemark a rappelé aux Bleus que lorsque la pente augmentait, il fallait avoir les bons crampons pour tenir le terrain.
En sortant, Didier Deschamps a souligné la jeunesse, le manque de dynamisme et l’agressivité d’une équipe qui a sérieusement vacillé dès la première vague. Jusqu’à la noyade quand le drapeau rouge n’a pas été levé. Quand on est marin, mieux vaut savoir nager. Ce qui n’était pas le cas de tout le monde.
Mais au fond, qu’avons-nous appris d’autre de l’équipe de France que nous ne connaissions pas au coeur d’une année 2022 qui les a déjà vus perdre trois fois en match officiel ? Que le 3-5-2 n’est pas offert au premier venu ? Nous le savions déjà. Que le niveau international c’est autre chose, même pour les jeunes qui ont l’expérience des matches de Ligue des champions ? rien de nouveau Que sans agression rien ne peut être réalisé ? Le même.
Plan B = zéro fiabilité
Ce qu’on a surtout appris dimanche, c’est que Didier Deschamps ne peut pas se targuer, à ce stade, d’un plan B fiable. simplement Dans un contexte plus compliqué, cela n’a aucune approbation. Vous devez donc beaucoup prier, ou croiser les doigts, ou faire appel aux pouvoirs occultes de votre choix pour que le Plan A fonctionne pleinement.
A moins de deux mois de l’entrée des Bleus dans la compétition face à l’Australie, ce plan A est surtout suspendu par la forme et la disponibilité de chacun. Et, à ce stade, il est impossible de dessiner des plans sur la comète. Car certains auxquels on ne s’attend plus reviendront peut-être. Parce que les autres, qui sont censés l’être, peuvent ne pas l’être. C’est la vie d’une équipe nationale, au cœur de l’automne le plus intense de l’histoire du football européen, dans sa version moderne, acharnée et mercantiliste.
Didier Deschamps n’est pas naturellement inquiet et a tendance à tomber sur ses pieds. Pourtant : le bâtiment n’a jamais été aussi délabré à l’aube d’un événement majeur.
Didier Deschamps déçu
Crédit : Getty Images
A l’été 2018, alors que les bleus allaient conquérir la planète, il lui fallait la préparation et le premier match de la Coupe du monde avant de trouver la bonne formule. Cela s’était imposé contre le Pérou (1-0), mais personne n’avait été convaincu, à part les joueurs qui avaient décidé du score ce soir-là. Six jours plus tard, la purge contre le Danemark (0-0) avait un peu brouillé les pistes. Cependant, l’équipe était convaincue mais ne pouvait pas être entendue : ce qui s’était passé à Moscou n’avait que peu de valeur, car ce match était celui des coiffeurs.
Ce jour-là, DD et Guy Stephan avaient pour la plupart compris que le plan B ne faisait pas le poids face au plan A, qui devait voir le jour le 15 juillet. Mais au moins l’équipe de France avait un plan A. Solide et insubmersible. A l’image de leur milieu de terrain, formé par Paul Pogba et N’Golo Kanté, dont la complémentarité ferait le bonheur du pays. Pogba et Kanté, deux boussoles de l’époque, dont on ne sait toujours pas s’ils guideront les bleus dans le désert. Et si ce sera vers une oasis. Ou un mirage.
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20/09/2022 à 10:10