Le gouvernement a prolongé le dispositif qui limite la hausse des prix du gaz et de l’électricité, mais l’a assoupli. Ce changement affectera votre budget. Le Figaro répondre à vos questions
Si la hausse des prix de l’énergie en 2022 a sauvé les ménages, 2023 ne sera pas tout à fait la même. En effet, malgré le maintien d’un bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité, les factures devraient augmenter sensiblement en ce début d’année. Ampleur des hausses à venir, public inquiet, possible reprise… Le Figaro répond à toutes vos questions.
Quelle hausse de prix en début d’année ?
Le bouclier tarifaire de l’énergie – qui a permis de geler le tarif réglementé du gaz depuis octobre 2021 et de limiter la hausse du tarif de l’électricité à 4 % en 2022 – a été prolongé par le gouvernement pour ce début d’année 2023. La Première ministre Élisabeth Borne avait annoncé en septembre dernier que la hausse des factures serait limitée à 15 % en moyenne. Cette hausse des tarifs réglementés est entrée en vigueur le 1er janvier 2023 pour le gaz, et entrera en vigueur le 1er février pour l’électricité.
Selon le gouvernement, cette augmentation se traduira par une augmentation moyenne des factures d’environ 25 euros par mois pour les ménages qui se chauffent au gaz, et de 20 euros par mois pour les ménages qui se chauffent à l’électricité.
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Quels auraient été les prix sans le bouclier tarifaire ?
Le maintien d’un bouclier tarifaire en 2023 permet de réduire significativement l’augmentation des factures, selon l’exécutif. Selon ses calculs, sans ce dispositif, l’augmentation moyenne aurait été d’environ 200 euros par mois pour le gaz, et 180 euros pour l’électricité.
Si les barèmes de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) avaient été appliqués, le niveau moyen des tarifs réglementés du gaz au 1er décembre 2022 aurait été supérieur de 122 % au niveau en vigueur au 1er octobre 2021, selon la police locale. Pour l’électricité, au 1er août, il aurait été supérieur de plus de 30 % à son niveau de fin 2021.
Qui a droit au bouclier tarifaire ?
Comme pour le gaz, le bouclier tarifaire s’applique aux consommateurs résidentiels (qui consomment moins de 30 MWh/an) ainsi qu’aux copropriétés avec des contrats individuels de fourniture de gaz naturel. Elle bénéficie aux abonnés au tarif réglementé de vente, mais aussi aux consommateurs disposant d’une offre de marché. “Dans ce cas, les consommateurs bénéficient en ce sens d’une aide de l’Etat équivalente au gel du tarif réglementé, égale à la différence entre le tarif qui aurait dû être appliqué en l’absence de gel et le tarif gelé”, explique le gouvernement. Quant aux logements résidentiels collectifs chauffés au gaz naturel (copropriétés et HLM), le bouclier, lancé pour eux en avril dernier, sera également maintenu en 2023.
En matière d’électricité, le bouclier s’applique aux consommateurs résidentiels privés, qui disposent à la fois d’une offre au tarif réglementé et d’une offre de marché. Concernant les logements collectifs, le bouclier tarifaire pour le chauffage des parties communes est en cours de déploiement. Ils bénéficieront également de la limitation de la hausse des prix à 15 % au 1er février.
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Quand le bouclier tarifaire prendra-t-il fin ?
Pour l’électricité, le bouclier tarifaire restera en place tout au long de 2023. Ainsi, la hausse restera limitée à 15 % sur l’ensemble de l’année. Pour le gaz, c’est plus compliqué. Le gouvernement précise que le projet de loi de finances 2023 prolonge le bouclier jusqu’au 30 juin 2023. Et ensuite ? A partir du 1er juillet 2023, les tarifs réglementés du gaz, jugés “contraires à la législation de l’Union européenne”, vont disparaître. Par conséquent, une nouvelle augmentation des prix du gaz est possible en ce moment. Mais l’exécutif suggère que la CRE établisse un prix de référence qui pourrait servir de base au maintien du bouclier tarifaire jusqu’à la fin de l’année.
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Y aura-t-il une reprise des factures en 2024 ?
Le gouvernement veut être très clair. Comme il disait en mai dernier – avant l’extension du bouclier tarifaire – de ne pas prévoir de recouvrement des factures en 2023, l’exécutif précise aujourd’hui qu'”il n’y a pas de reprise annoncée en 2024 par les foyers”. “Le manque à gagner des compagnies énergétiques doit être payé par l’Etat”, dit-il.
Existe-t-il des aides pour les ménages à faible revenu ?
Pour préserver le pouvoir d’achat des Français les plus modestes, qui seront durement touchés par la hausse de 15 %, le gouvernement a mis en place une maîtrise exceptionnelle de l’énergie. L’envoi automatique de cette aide a débuté fin décembre, et durera environ huit semaines. Au total, 12 millions de foyers devraient recevoir un chèque de 100 ou 200 euros, selon leur revenu fiscal.
En outre, et également sous réserve de ressources, fin 2022 une maîtrise du combustible de 100 à 200 euros et des subventions de 50 à 200 euros pour le chauffage des habitations au bois ont également été annoncées.
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