En Sicile, des migrants empêchés de débarquer se jettent à l’eau

Des migrants tiennent des pancartes appelant à l’aide, depuis le pont du navire battant pavillon norvégien “Geo Barents”, exploité par Médecins sans frontières, dans le port de Catane, en Sicile, dans le sud de l’Italie, le lundi 7 octobre 2022. SALVATORE CAVALLI / AP

Des migrants bloqués à bord d’un des navires humanitaires autorisés à accoster en Sicile par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni ont sauté à l’eau lundi 7 novembre. Alors que seuls les mineurs et les personnes souffrant de problèmes de santé étaient autorisés à débarquer dimanche, deux navires ont été autorisés à accoster à Catane tandis que deux autres ont dû rester hors d’Italie.

Pris dans le face à face entre des ONG et le nouvel exécutif italien, trois migrants ont sauté lundi du Geo Barents, un navire à quai géré par Médecins sans frontières (MSF). Les trois hommes se sont rétablis rapidement, selon MSF. Peu de temps après, une dizaine d’autres migrants sur le pont du navire ont scandé “Aidez-nous”, a noté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).

Dans le même temps, plus de 500 personnes, signalées plus tôt par l’ONG Alarm Phone, ont été secourues par les autorités italiennes et débarquées en Sicile, a indiqué le préfet de Syracuse, Giuseppa Scaduto. “Ils subissent d’abord un examen médical, puis ils sont identifiés par la police avant d’être distribués dans les structures d’accueil”, a expliqué Mme Scaduto.

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357 migrants autorisés à débarquer, 215 toujours bloqués

Meloni, leader du parti post-fasciste Fratelli d’Italia, s’est engagé à “défendre les frontières de l’Italie” en empêchant les navires des ONG opérant en Méditerranée d’entrer dans les ports italiens pour débarquer les milliers de migrants qu’ils sauvent chaque année. Selon le ministère italien de l’Intérieur, plus de 88 000 personnes sont arrivées des côtes africaines depuis le 1er janvier.

Le sénateur démocrate Antonio Nicita, qui a visité les navires humanitaires ancrés dans le port de Catane, estime que “la situation est tendue” à bord. “La nervosité règne sur les navires, les humanitaires calment les esprits. De nombreux migrants se sont déshabillés devant nous pour nous montrer des infections dans leurs parties intimes », a-t-il déclaré, évoquant des cas de gale.

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Le Geo Barents a accosté dimanche soir et les autorités italiennes ont autorisé 357 personnes, dont des enfants, à débarquer tout en refusant l’entrée à 215 autres. L’un des migrants a ensuite été évacué en ambulance après s’être plaint de fortes douleurs abdominales, a indiqué lundi MSF, soulignant que les autres étaient de plus en plus vulnérables. “Sa situation, son niveau de stress psychologique est très, très élevé”, a déclaré Riccardo Gatti, responsable de la recherche et du sauvetage à MSF. “Le navire a ses limites en termes d’assistance médicale”, a-t-il déclaré.

“Je ne vais nulle part avec ces gens à bord”

Également au port se trouve le navire battant pavillon allemand Humanity 1, exploité par l’association caritative SOS Humanity, qui a débarqué 144 personnes dimanche. Il y a encore 35 migrants mâles adultes à bord. Un décret du gouvernement italien publié vendredi a déclaré que le navire ne pouvait accoster que le temps nécessaire pour identifier les passagers en “situation d’urgence”.

Le capitaine du navire, Joachim Ebeling, a défié l’ordre de quitter le port et a insisté lundi sur le fait que “toute personne secourue a le droit de débarquer dans un port sûr”. “Je ne vais nulle part avec ces gens à bord”, a-t-il déclaré aux journalistes.

Le nouveau gouvernement italien, le plus à droite depuis la Seconde Guerre mondiale, s’est engagé à adopter une ligne dure à l’égard des migrants, le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi déclarant que les migrants secourus en mer relèvent de la responsabilité de “l’État sous le pavillon duquel les navires naviguent, dans ce Cas. norvégien et allemand.

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Des appels ont été déposés devant les tribunaux de Rome et de Catane lundi, a indiqué SOS Humanité. Amnesty International, pour sa part, a estimé que l’Italie “frei[gnait] ses obligations internationales. Dans un communiqué, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) “continuent d’appeler les gouvernements européens à fournir rapidement un environnement sûr et [à] d’autoriser le débarquement immédiat de près de 600 personnes restées sur les bateaux des ONG ».

Le monde avec l’AFP

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