Donald Trump annonce sa candidature à la présidentielle de 2024

Publié le : 16/11/2022 – 02:42

Ignorant les appels d’une partie de son camp à se retirer du jeu, l’ancien président républicain Donald Trump a annoncé mardi soir sa candidature à l’élection présidentielle américaine de 2024 en Floride.

Donald Trump a lancé mardi 15 novembre sa course à la Maison Blanche en lançant une campagne qui s’annonce impitoyable dans son camp républicain meurtri et divisé par la déception de la dernière élection.

“J’annonce ma candidature à l’élection présidentielle”, a déclaré l’ancien président de 76 ans sous les applaudissements tonitruants des militants réunis dans la grande salle de réception de sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago en Floride.

Promettant que l’Amérique était “de retour”, il a brossé un tableau idyllique de son premier mandat, évoquant un pays en paix, prospère et respecté internationalement.

A l’inverse, il n’a pas eu les mots assez forts pour dénoncer le bilan de son successeur, le démocrate Joe Biden. Un pays embourbé dans la violence et la criminalité, où la hausse des prix étrangle les foyers américains, où des “millions” d’immigrants illégaux traversent la frontière vers le Mexique, s’est indigné. “Ce ne sera pas ma campagne, ce sera notre campagne”, a-t-il promis à ses partisans.

Un peu plus tôt, il avait soumis aux autorités électorales américaines sa candidature à la présidentielle de 2024, une première étape officielle.

Pas de “vague géante”

Cette nouvelle candidature est la troisième du septuagénaire à la Maison Blanche. Arrivé au pouvoir en novembre 2016 créant le plus grand choc politique moderne, Donald Trump avait fait fi de toutes les manières durant sa présidence. Il avait quitté Washington dans le chaos après ne pas avoir cherché à être réélu contre Joe Biden, une défaite qu’il n’a jamais reconnue.

Elle laisse également présager un possible remake de l’élection présidentielle de 2020 : le président Biden a récemment réaffirmé son “intention” de briguer un second mandat, même s’il s’est bien gardé de reporter toute décision finale à l’année prochaine.

Des rumeurs ont circulé ces dernières semaines sur une annonce imminente de Donald Trump, l’ancien président de l’époque déterminé à parier sur le succès attendu des républicains aux élections du 8 novembre pour reprendre le pouvoir.

Mais la “vague géante” prédite avec beaucoup d’aplomb par les conservateurs est loin de se concrétiser : le Parti démocrate du président Biden a assuré ce week-end qu’il conserverait le contrôle du Sénat, et pourrait même élargir sa majorité, déjouant les prédictions des sondeurs. Très probablement, les républicains prendront le contrôle de la Chambre des représentants aux démocrates, mais avec une majorité nettement plus faible que prévu.

Cette performance plus que mitigée du camp républicain, notamment des candidats nommés par Donald Trump, a terni la notoriété du roi de la tribune. Plusieurs voix influentes du camp conservateur ont également demandé au magnat de l’immobilier de prendre ses distances avec la direction républicaine, jetant une ombre sur ses projets présidentiels.

Duel en Floride ?

Une partie de l’électorat conservateur s’est déjà tournée vers un autre candidat possible à la Maison Blanche et résident de Floride : son gouverneur, Ron DeSantis. Le quadragénaire, nouvelle star de la droite dure, qui sort renforcé des élections de mi-mandat, a assuré que son combat “ne fait que commencer”.

Et il n’a pas manqué de dénoncer mardi la “performance extrêmement décevante” du reste de son camp dans cette élection, en se gardant de nommer directement Donald Trump.

L’ancien vice-président de Donald Trump Mike Pence, son ancien chef de la diplomatie Mike Pompeo, le gouverneur de Virginie Glenn Youngkin… la bataille pour l’investiture républicaine s’annonce âpre.

Mais l’ancien président reste indéniablement populaire auprès de sa base pour l’instant, une marée de bonnets rouges qui continue d’affluer dans ses meetings de campagne. La plupart des sondages lui donnent toujours le vainqueur d’une primaire républicaine.

Cependant, un obstacle pourrait compliquer l’ascension de Donald Trump à la Maison Blanche : ses nombreux problèmes judiciaires, qui pourraient finir par le disqualifier. L’ancien président est la cible de diverses enquêtes pour son rôle dans l’attentat contre le siège du Congrès le 6 janvier 2021 ou sa gestion des archives de la Maison Blanche. Cette affirmation rend cependant plus délicate une éventuelle accusation.

En s’appuyant sur un “instinct” toujours plus proposant, Donald Trump, dont la chute a été mille fois annoncée, a jusqu’ici survécu à tous les scandales. Comme si, du fait de l’accumulation, elles n’avaient plus d’effet sur lui.

Avec l’AFP

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