Décès de Philippe Alexandre, journaliste et voix emblématique de RTL

Sur cette photo prise le 5 novembre 1979, le journaliste et écrivain Philippe Alexandre assiste à une séance photo dans les locaux de la radio RTL. – /AFP

Figure du journalisme politique, écrivain, voix mythique de RTL depuis près de trois décennies, Philippe Alexandre est décédé ce lundi 31 octobre à l’âge de 90 ans. Il est mort “paisiblement” au Touquet, a annoncé sa fille Agnès Alexandre-Collier, avec l’accord de sa soeur et belle-mère, journaliste et écrivain Béatrix de l’Aulnoit, à l’Agence France-Hurry.

Chroniqueur à RTL de 1969 à 1996, il a également passé du temps à la télévision, notamment aux côtés de Serge July, et a été immortalisé par “Les Guignols de l’info”, qui lui ont rendu hommage lundi sur les réseaux sociaux. Ses chroniques sur RTL, entendues chaque matin par des centaines de milliers d’auditeurs, étaient redoutées des politiques de tous bords.

Philippe Alexandre vient de nous quitter. Son duo iconique avec Serge July va nous manquer… 😔 🖤 https://t.co/Yq4IDisDwH

— Les Guignols (@Les Guignols)

De nombreuses personnalités politiques et journalistiques ont réagi à l’annonce de sa mort. “Avec Philippe Alexandre, la presse française perd une plume féroce, un chercheur acharné, une voix libre. Craint et admiré, il était pour beaucoup de Français l’un des visages les plus connus du journalisme politique”, a réagi lundi soir le président Emmanuel Macron sur Twitter.

Avec Philippe Alexandre, la presse française perd une plume féroce, un chercheur acharné, une voix libre. Redout… https://t.co/GAfrwJWITm

—EmmanuelMacron (@EmmanuelMacron)

“Avec son talent, sa vivacité, sa liberté d’expression et l’impact de ses éditoriaux, il a marqué l’histoire de la station”, a salué RTL. « Nous étions loin d’être toujours d’accord, mais il savait tout de la politique et son esprit était aussi vif que sa plume. C’est une grande voix qui disparaît”, a écrit sur Twitter le président de la Cour des comptes et ancien ministre socialiste Pierre Moscovici.

Habitué aux poursuites en diffamation

Né à Paris le 14 mars 1932 dans une famille d’origine juive, dont il a raconté l’histoire dans Ma tribu plus que française (2017), Philippe Alexandre débute dans le journalisme en 1951 comme rédacteur en chef de Combat Il rejoint RTL en 1969 après avoir passé du temps à L’Oise Libre, Jours de France, Le Nouveau Candide et Le Figaro littéraire.

« L’homme aux procès en diffamation aussi nombreux que ses œuvres politiques », comme l’appelait Le Monde, n’a épargné aucun État. Il a affirmé que l’Élysée avait demandé sa démission en 1982 “pour apaiser François Mitterrand, qui [ses] les chroniques donnaient de l’urticaire”.

A la télévision, de 1989 à 1992, il est co-animateur de l’émission politique “Le Débat” sur TF1, avec Serge July et Michèle Cotta. Puis, dans les années 90, “Dimanche soir”, sur France 3, avec Christine Ockrent et M. Juillet. Il quitte RTL en 1996, suite à la fusion de la Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion (CLT) avec le groupe allemand Bertelsmann.

Devenu chroniqueur politique pour BFM, France 3 et plusieurs magazines, Philippe Alexandre a publié une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels Paisatges de camp (à la présidentielle de 1988, prix Avui), Trop d’impôts tuent l’emploi (2005) se démarquent ou Dictionnaire amoureux de la politique (2011). Il a coécrit plusieurs livres avec sa compagne, Béatrix de l’Aulnoit, dont un pamphlet contre Martine Aubry, La Dame des 35 heures (2002), qui a provoqué la colère du leader socialiste.

Philippe Alexandre sera inhumé samedi au cimetière du Touquet dans le Pas-de-Calais, a indiqué sa famille.

Le monde avec l’AFP

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