Trois personnes sont mortes et trois autres ont été blessées ce vendredi à la suite de coups de feu tirés à Paris, rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement. Parmi les blessés, un est en urgence absolue. Le tireur présumé, William M., a été interpellé selon une source policière.
“Il y a trois morts, une personne en état d’alerte absolue, deux personnes en état d’urgence relative et le prévenu qui pourrait être interpellé, est également blessé, notamment au visage”, a confirmé le procureur de la République de Paris , Laure Beccuau, lors d’un point presse sur le terrain. Dans les prochaines heures, Gérald Darmanin devrait être sur place.
Selon nos informations, le tournage a eu lieu au Centre culturel kurde Ahmet-Kaya au 16 rue d’Enghien. Il y a également eu des fusillades dans un restaurant et un salon de coiffure, selon Alexandra Cordebard, qui était présente sur les lieux.
Un tournage a eu lieu à #Paris10. 3 personnes sont mortes, 1 a été blessée en urgence absolue, 3 en urgence relative, dont l’agresseur présumé, arrêté. J’adresse mes condoléances et ma solidarité aux familles des victimes et à la communauté kurde qui a été fortement touchée.
– Alexandra Cordebard (@ACORDEBARD) 23 décembre 2022
« Nous avons vu un vieux monsieur blanc entrer et tirer au centre culturel kurde, puis il est allé au salon de coiffure juste à côté. On s’est réfugiés au restaurant avec les employés”, raconte Romain, le directeur adjoint du restaurant Pouliche Paris d’en bas, joint par téléphone par l’AFP.
Le suspect est un retraité de 69 ans
Le suspect, nommé William M. et âgé de 69 ans, a ouvert le feu en direction de plusieurs personnes. De nationalité française, il serait retraité de la SNCF, où il travaillait comme chauffeur. Lors de son arrestation, la police a mis la main sur l’arme avec laquelle il a tiré. On ne sait toujours rien de ses motivations. Selon nos informations, cet homme était sous contrôle judiciaire et interdit de port d’arme.
L’homme était connu pour deux tentatives de meurtre, une en 2016 et la seconde l’an dernier. Il a ensuite attaqué un centre d’immigration dans le district 12 avec un sabre en 2021 et vient de sortir de prison le 12 décembre. Une information judiciaire avait été ouverte.
L’homme avait été mis en examen pour violences avec arme à caractère raciste prémédité ainsi que pour dégradation. Il a ensuite été placé en garde à vue. Une source policière avait indiqué à l’époque à l’AFP que l’homme était soupçonné d’avoir poignardé au moins deux migrants dans un camp à Paris le matin du 8 décembre 2021 et d’avoir endommagé plusieurs tentes dans un camp du parc de Bercy, dans le 12e arrondissement de la capitale. . Le procureur a confirmé qu’il avait été récemment libéré.
Le deuxième fond fait référence à “des faits en Seine-Saint-Denis où il aurait été récemment jugé, il aurait été condamné, mais après la condamnation un recours aurait été déposé par le parquet”, a précisé Laure Beccuau.
Une cellule psychologique ouverte
Une enquête a été ouverte pour les crimes de meurtre, homicide volontaire et violences aggravées. Les investigations ont été confiées à la section anti-terroriste de la brigade criminelle. Le Parquet national antiterroriste et ses services sont arrivés sur les lieux “mais en l’état, (…) il n’y a aucun élément qui favorise la nécessité d’une saisine”, a souligné le procureur.
Les mobiles racistes des événements « feront évidemment partie des investigations qui viennent de débuter avec un déploiement très important de personnels » des services d’enquête, a-t-il ajouté.
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’y est installé et a exprimé ses condoléances aux victimes et à leurs familles, ainsi qu’à la communauté kurde. “Nous ne connaissons pas les motivations exactes” du suspect, a-t-il dit, ajoutant qu’il “avait manifestement agi seul”. “Il était tireur dans un club de sport et avait déclaré de nombreuses armes”, a-t-il ajouté.
“Trois personnes sont mortes, deux devant le centre culturel, une dans un restaurant”, a précisé le ministre, indiquant qu’elles n’étaient pas “connues des services français” comme militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée comme terroriste par l’Union européenne.
“Une cellule psychologique sera ouverte à la mairie le 10”, a annoncé Anne Hidalgo sur Twitter après le drame. La maire de Paris a également remercié les policiers “pour leur intervention décisive”, adressant ses “pensées émues aux victimes et à leurs familles”.
Emmanuel Macron a dénoncé “une attaque haineuse”, dans un tweet. “Pensées aux victimes, aux personnes qui luttent pour vivre, à leurs familles et à leurs proches. Reconnaissance à nos forces de l’ordre pour leur courage et leur sang-froid”, a écrit le chef de l’Etat.
Les Kurdes de France ont été la cible d’un attentat atroce en plein Paris. Pensées aux victimes, aux personnes qui luttent pour vivre, à leurs familles et à leurs proches. Bravo à nos forces de l’ordre pour leur bravoure et leur sang-froid.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 23 décembre 2022
Appel à démonstration
« Je suis folle. Alors que nous approchons du 10e anniversaire du meurtre de trois femmes kurdes (le meurtre de trois militants kurdes dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013, également dans le District 10), des réunions étaient en cours de préparation pour organiser un événement. Nous sommes très inquiets. Les tensions s’étaient apaisées, nous sommes très surpris”, a confié au Parisien un membre de la communauté kurde de 32 ans, résidant en Ile de France, qui dit “attendre des réponses”.
“Nous venons ici au centre depuis des années, organisant des activités culturelles, de danse et de musique”, a-t-il ajouté. « Commençons à nous rassembler. Connaissant la communauté, les Kurdes viendront de partout. »
“Le Conseil démocratique kurde de France condamne fermement cet attentat terroriste infâme qui survient après de multiples menaces de la part de la Turquie, alliée de Daech”, a écrit le CDK-F dans un communiqué, évoquant “trois militants kurdes tués”.
APPEL A MANIFESTATION Après l’attentat terroriste contre notre siège aujourd’hui, en fin de matinée, au cours duquel trois militants #kurdes ont été tués, nous appelons à une grande manifestation demain, samedi, à 12h, Plaça de la República / Paris.
— Conseil démocratique kurde en France (@Le_CDKF) 23 décembre 2022
Le conseil tiendra une conférence de presse à 18 h 30. Il vous invite à participer à une veillée nocturne ce soir, dans ses locaux ainsi qu’à une manifestation samedi sur la Plaça de la República.