Corse : Une morgue jugée pour avoir déposé des cadavres

En avril dernier, sept cercueils et ossements humains ont été retrouvés cachés dans des sacs poubelles dans une décharge.

Corps exhumés et retrouvés en pièces dans le maquis au lieu d’être incinérés : mardi 6 décembre, le parquet de Bastia a requis six mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende contre un croque-mort, pour « atteinte à l’intégrité de cadavres”.

“L’affaire est particulièrement grave, avec une atteinte au respect dû au défunt”, a insisté le procureur. L’affaire a débuté en avril, avec la découverte de sept cercueils et ossements humains dissimulés dans des sacs poubelles, au milieu d’une décharge sauvage sous une route escarpée du village de Bigorno en Haute-Corse.

A l’époque, l’enquête de gendarmerie avait fait le lien entre les ossements et une demande d’exhumation faite à un entrepreneur de pompes funèbres d’un caveau familial d’une commune voisine, afin de procéder à une crémation.

“Je n’ai pas vu les os dans les cercueils”

Huit mois plus tard, le dirigeant de l’entreprise a ainsi comparu devant le tribunal correctionnel de Bastia, aux côtés d’un de ses sous-traitants, les deux hommes invoquant la responsabilité des faits.

« Qui a rempli les sacs poubelles ? peine de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende et interdiction d’exercer une profession liée aux pompes funèbres, pour “atteinte à l’intégrité d’un cadavre” et “abus de confiance”. d’un cadavre”.

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Devant les magistrats, le croque-mort, déjà condamné à six mois de prison avec sursis pour “extorsion par menace ou contrainte” et un an de prison avec sursis pour “abus de confiance”, a invoqué la bonne foi. “Je n’ai pas vu les os dans les cercueils. (…) Je me demande encore comment c’est possible. Pour moi, le cercueil était vide”, a-t-il déclaré dans le bar.

L’autre prévenu, un agent de sécurité professionnel au casier judiciaire vierge, n’a pas d’autre explication sur la présence des ossements, dont certains mesurent pourtant trente centimètres de long. Officiellement employé ce jour-là pour des travaux de maçonnerie, il a affirmé avoir emporté les sacs poubelles sans savoir qu’il y avait des corps à l’intérieur : “J’ai tout jeté dans le maquis en sachant que ce n’était pas, ce n’était pas légal”, a-t-il dit. Les avocats de la défense ont demandé la liberté. La décision était réservée au 10 janvier.

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