Cimetière d’Ixelles : le classificateur d’El Café condamné pour recours en contravention

L’agent de sécurité d’El Café, condamné à 50 mois de prison pour le viol d’une cliente de l’établissement en 2019, a décidé de faire appel. Lui et son avocat contestent la condamnation prononcée le 28 juin par le tribunal correctionnel de Bruxelles. Outre la peine de prison, le classificateur a également été condamné à verser à la victime 8 500 euros d’indemnisation.

Rappel des faits… Dans une plainte déposée le 2 mars 2019, une jeune femme alors âgée de 20 ans expliquait avoir été forcée de pratiquer deux fellations lors d’une soirée à El Café, un établissement bien connu du cimetière d’Ixelles

Vers 4 heures du matin, alors que la chambre se vide, la jeune femme, qui a bu quelques verres, se rend aux toilettes. Elle est suivie par le portier, qui la pousse dans l’une des cabines et l’oblige à lui faire une pipe. La menace : si elle ne se conforme pas, « tu ne seras rien ». Le calvaire de la victime commence et dure près de 30 minutes, raconte-t-elle à la police. Il veut lui imposer d’autres actes sexuels, elle refuse. Il la force à lui faire une autre pipe : une autre épreuve.

Le soulagement n’a duré qu’un temps

Le classificateur sera arrêté calmement. Son procès aura lieu le 14 juin. Sa défense ne convaincra pas les juges qui décideront, deux semaines plus tard, de le condamner à 50 mois de prison. Une phrase qui fera écho au récent mouvement #balancetonbar, lancé fin 2021 pour dénoncer les agressions sexuelles commises dans les bistrots du cimetière d’Ixelles.

“Le soulagement n’a duré qu’un temps puisqu’on vient d’apprendre qu’il a fait appel de la décision de première instance qui le déclare coupable et le condamne à une peine ferme de 50 mois”, réagit l’enseignante Caroline Poiré, l’avocate de la victime. “Mon client reste cependant combatif, et nous attendons avec impatience le règlement de l’affaire devant la Cour d’Appel, espérant qu’elle interviendra rapidement malgré l’engorgement des rôles des Cours d’Appel dû au manque important de magistrats.

Il ajoute : “Cela montre à quel point les procédures judiciaires sont psychologiquement stressantes pour les victimes. Il faut parfois plusieurs années avant qu’une décision finale ne soit prise, bien que l’accusé ait le droit d’utiliser toutes les ressources à sa disposition.”

Contacté, maître Abdelhadi Amrani, l’avocat du condamné, n’a pas souhaité commenter la présentation de son appel.

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