“C’est dégoûtant au maximum”: les influenceurs détournent des capteurs normalement destinés aux… diabétiques

“Ça dégoûte au plus haut point tous les diabétiques qu’on connaît”, lance Valérie. Cette mère de famille et habitante de Schaerbeek en région bruxelloise nous a contactés via le bouton orange Notify Us, car elle se dit “choquée” par une nouvelle pratique constatée sur les réseaux sociaux. “Les influenceurs attachent des capteurs de glucose pour gérer leur poids en réduisant leur consommation de sucre”, explique-t-il. Problème, ces capteurs sont initialement conçus pour les diabétiques. Valérie est la mère d’Angèle. Une jeune fille de 14 ans atteinte de diabète de type 1.

Votre pancréas ne sécrète plus du tout d’insuline. La jeune fille jongle entre des périodes d’hyperglycémie et d’hypoglycémie depuis son enfance. “En hyperglycémie on est très irritable. On a très soif. On doit éliminer le sucre par les urines. Par conséquent, on boit beaucoup anormalement”, résume-t-il.

Pour l’aider à gérer ces moments délicats, Angèle lui administre en moyenne deux injections par jour. Vous pouvez également compter sur la technologie et un capteur placé sur votre bras.

Ce dispositif médical connecté vous informe tout au long de la journée sur votre glycémie, votre glycémie. Un bel appareil qui doit être changé toutes les deux semaines. “C’est 50-60 euros l’unité. C’est remboursable, mais pas intégralement”, précise-t-il. Laurent Crenier est diabétologue. Il précise : “C’est très important pour eux, car ils vont pouvoir adapter leur injection d’insuline en conséquence. Ces capteurs ont complètement changé la qualité de vie des diabétiques. Désormais, ils arrivent à mieux s’équilibrer, maintenir d’excellentes moyennes glycémiques, sans trop hypo ou hyperglycémie.”

J’étais très surpris

Récemment, c’est en errant sur les réseaux sociaux qu’il a trouvé cet outil dans des circonstances inattendues : « Un jour, je vais sur Instagram et je tombe sur une story qui dénonce les mérites d’un gadget. sucre dans le sang », note-t-il. “Ça m’a durement frappé.” Elle détaille : “Quand on connaît l’ampleur de nos problèmes. Que ces appareils soient très rares, c’est très difficile à avaler”, juge l’adolescente.

Dans la vidéo Instagram, une influenceuse filme l’appareil sur son bras. Elle explique qu’elle n’est pas du tout diabétique mais s’en sert pour contrôler son taux de sucre et par extension pour contrôler sa courbe de poids. “Il s’en sert comme d’un gadget minceur. Ce n’est pas fait pour ça. C’est assez dur d’en trouver juste pour s’amuser”, déplore Angèle. Sa mère, Valérie, acquiesce : “Nos enfants mordaient assez comme ça, alors voir des influenceurs l’utiliser comme gadget minceur était insupportable.”

Banalisation de la maladie ?

Une autre conséquence de la déviation de ce capteur est la banalisation de la maladie. Pour Pascale Robience, diététicienne et professeur à la Haute École Condorcet, le comportement des influenceurs pointé du doigt est tout simplement dangereux : « On dérive. C’est normal d’avoir une glycémie qui baisse après une longue période de jeûne ou le matin. La sensation de faim est une indication suffisante pour déterminer si l’on a besoin d’énergie ou non. Il faut arrêter d’utiliser des dispositifs médicaux pour les personnes en bonne santé.

Même récit de Laurent Crenier, président de l’association du diabète : « L’utilisation de ce capteur n’est pas dangereuse, bien qu’il y ait des cas d’allergie aux capteurs. Mais il est dangereux pour les personnes diabétiques ». Autrefois un engouement irrationnel provoquerait ces capteurs être utilisé pour autre chose que le diabète, je crains que les personnes atteintes de diabète n’aient plus assez de capteurs.”

Le nombre de diabétiques dans notre pays est estimé entre 500 000 et 600 000. Actuellement, il n’y a pas de risque de pénurie de capteurs selon les entreprises qui les produisent.

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