Ce signal qui vous permet de savoir quand il est temps d’arrêter de travailler

Une étude montre comment et pourquoi le cerveau finit par créer une sensation de fatigue pour alerter sur son état de santé.

Une femme épuisée au travail @BelgaImage

Oui, quand on est fatigué, il faut savoir lâcher prise et se reposer, car c’est votre cerveau qui vous dit d’arrêter. C’est la principale leçon qui se dégage d’une étude publiée le 11 août dans la revue Current Biology. Parce que la fatigue n’est pas seulement un symptôme mental. Les auteurs démontrent qu’il s’agit principalement d’une conséquence très spécifique de l’accumulation dans le cerveau de glutamate, un acide suspecté dans certains cas d’être neurotoxique. Un véritable problème physiologique, donc, aux conséquences loin d’être anodines.

Quand notre cerveau est (trop) stressé

Pour montrer l’effet de la fatigue sur le cerveau, quarante jeunes adultes ont été recrutés, tous âgés de vingt à trente ans, avec un nombre égal d’hommes et de femmes, indiquent les chercheurs de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière et de l’Institut français de Santé. (insérer). Ensuite, ils les ont répartis au hasard en deux groupes. L’un devra faire des exercices éprouvants mentalement, tandis que l’autre devra faire exactement le même type d’exercices sous forme maigre. Exemple : Une tâche leur demande de faire correspondre la couleur d’une lettre avec une question. S’il est rouge, vous devez dire s’il s’agit d’une consonne ou d’une voyelle. Si c’est vert, vous devez dire s’il s’agit d’une lettre minuscule ou majuscule. Pour le premier groupe, les alternances sont nombreuses. Pour le second, il l’est beaucoup moins.

Le test dure six heures et quart, avec cinq séances de 75 minutes et seulement une pause de dix minutes à mi-parcours. Pendant ce temps, les participants, placés dans un tunnel IRM, subissent une spectroscopie IRM. De cette façon, les scientifiques peuvent voir quelles substances circulent dans le cerveau pendant le test, pas seulement le flux sanguin.

Un peu d’épuisement

C’est ainsi que l’étude a pu examiner la présence de glutamate dans le cortex préfrontal. Dans le premier groupe, la concentration était sensiblement plus élevée en fin de journée dans cette région du cerveau indispensable à la réalisation de tâches mentales intenses. Cependant, les chercheurs savaient que le glutamate était connu pour être parfois neurotoxique. Ils ont donc voulu voir comment ces participants réagiraient si, après le test, ils devaient prendre des décisions dont on sait qu’elles sont affectées en présence de ce contexte neurologique. Il semble que les personnes du premier groupe étaient plus susceptibles d’opter pour des récompenses financières immédiates mais comparativement moins attrayantes que d’autres options à long terme plus gratifiantes. Bref, ils avaient fait un “mauvais choix”.

Pour les auteurs, cela tend à confirmer l’hypothèse selon laquelle la fatigue est un mécanisme créé par le cerveau pour servir d’alerte. Il faut faire une pause, le repos permet de nettoyer ce surplus de glutamate qui ne cesse de s’accumuler dans un contexte épuisant. Cela aide à préserver l’état de santé de votre cerveau. Si on devait faire une analogie, ce serait un peu le même mécanisme qu’une peau irritée qui nous démange.

Un effort mental intense et prolongé provoque en fait un sous-produit de l’activité neuronale, le glutamate, qui s’accumule dans certaines zones du cortex préfrontal latéral, une région qui régit nos fonctions mentales supérieures. Or, cet excès de glutamate perturbe le fonctionnement de nos neurones. “Cette fatigue serait donc un signal qui nous pousse à arrêter de travailler pour préserver l’intégrité du fonctionnement de notre cerveau”, résume Mathias Pessiglione, neuroscientifique à l’Institut du cerveau (ICM, hôpital Pitié-Salpêtrière, à Paris), qui a coordonné ces travaux. travailler Elle ne provient donc pas, comme on l’a longtemps cru, d’un épuisement des ressources en glucose fournies par la circulation sanguine. Idem pour la brûlure de la peau, causée par une source de chaleur dont il faut s’éloigner. L’un des auteurs de l’étude, Mathias Pessiglione, soutient que lorsqu’on est dans cet état de fatigue, il vaut mieux éviter si possible de prendre des décisions importantes ou de tenter trop de tests.

Les conséquences à long terme d’un taux nocif de glutamate

Mais les conséquences du glutamate ne s’arrêtent pas là. Fondamentalement, cet acide sert de puissant neurotransmetteur. En d’autres termes, il surexcite les terminaisons nerveuses. Si elle est en excès, comme dans le cadre de cette étude, elle serait néfaste. S’il est présent en trop petite quantité, c’est pareil. Interrogé par le journal espagnol El País, le chef du département de neurologie de l’hôpital universitaire d’Albacete, Tomás Segura, ajoute : “Le glutamate, qui est l’une des causes de lésions cérébrales lors d’un accident vasculaire cérébral, est également impliqué, dans ce cas en raison à son absence, dans certaines maladies neurodégénératives et aussi dans l’explication de la fatigue neurologique”. Il faut donc veiller à maintenir un bon équilibre entre ces deux extrêmes.

Mais les auteurs restent prudents. Leur étude a mis en évidence une corrélation certes importante, mais qui nécessite d’aller plus loin pour en savoir plus sur ce phénomène. Ils espèrent également que davantage de recherches seront menées sur la gestion des niveaux de glutamate. C’est-à-dire, dans le cas du sommeil par exemple, dans quelle mesure est-il réparateur de ce point de vue ? Quel est le meilleur réglage pour que le cerveau se régénère ? En attendant, les chercheurs proposent des conseils : repos et sommeil. Et si vous devez subir de longues périodes d’exigences intellectuelles, comme lorsque vous étudiez, il est essentiel de faire des pauses de temps en temps.

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