Le voici sur le toit d’un monde qui, peut-être bientôt, lui appartiendra. Avant de tenter d’escalader d’autres sommets encore plus vertigineux, Caroline Garcia peut savourer la couronne qui orne désormais ses cheveux. Dix-sept ans après Amélie Mauresmo, elle est la deuxième Française de l’histoire à remporter le Masters. Lundi soir à Fort Worth, la joueuse de 29 ans a battu Aryna Sabalenka (7-6). [4]6-4) après un duel épuisant et spectaculaire.
Devant des tribunes enfin pleines, après un début de tournoi disputé dans une ambiance décevante et quasiment à huis clos, le début a été marqué par la violence des frappes des deux joueurs. “Je me demande combien de rassemblements nous verrons en neuf frappes”, s’est demandé l’ancienne numéro 3 mondiale américaine Pam Shriver avant le match. Avec un doigt mouillé, ils comptaient sur les doigts d’une main.
Pas de balle de break dans le premier set
Il faut dire que les Français, comme les Biélorusses, connus pour leur jeu agressif, moins pour le lacet, n’étaient pas là pour caresser le ballon, mais pour l’écraser. Coups de service, revers soufflés et coups droits punis. Lorsque Garcia a poursuivi ses attaques au filet pour frapper ou voler, Sabalenka a martyrisé son adversaire depuis la ligne de fond. Deux profils d’attaquants, une conséquence : un match en deux, trois frappes.
Entre le leader du classement des as cette saison – Garcia (383 avant ce match) – et le leader dudit classement lors de ce tournoi – Sabalenka (18 avant ce match) – les balles de break se sont elles fait attendre : vers l’horizon le toute première entrée.
Impériales au service (68% de premières balles et 10 as au premier set), les Lyonnaises ont cependant eu des occasions face au faible pourcentage de premières balles de la 7e mondiale (43% au premier set). Mais comme toujours très avancée dans le domaine au retour, elle a plus d’une fois été surprise par la puissance et les surfaces que la Biélorusse a retrouvées lors de ses seconds combats.
Garcia prend un léger recul sur le retour
Avec un 6-5 en sa faveur, Garcia a décidé de reculer très légèrement au retour, en première comme en seconde. Le résultat ne s’est pas fait attendre, car au tie-break, malgré un premier mini-break réussi de Sabalenka, les Français ont marqué presque autant de points dans le match revanche (quatre) que dans le reste de la manche (sept). Plus sous pression, le Biélorusse a breaké et commis deux doubles fautes, à 4-2 puis 6-4 au profit de Garcia qui a empoché le premier set à la rigueur.
Sur son chemin, Garcia a obtenu les premières pauses du match en entrant dans le deuxième set. Un somptueux retour de coup droit sur toute la ligne lui a permis de voler l’engagement du Biélorusse à sa première occasion. En confiance, la n°6 mondiale, désormais n°4, n’a concédé que cinq points lors de ses quatre prochains jeux de service.
Au moment de la conclusion, à 5-4 sur son service, Garcia subit la lourdeur des coups portés par Sabalenka qui jouait tout. Le Biélorusse a sauvé une balle de match en début de match sur un superbe long revers gagnant. Le Français a immédiatement obtenu une seconde d’un service gagnant. Puis un coup droit a offert à Garcia la plus belle couronne de sa carrière.
“Je pense à tous ceux que j’ai rencontrés au cours de mon parcours qui m’ont aidé à devenir une meilleure personne et un meilleur joueur.lance le numéro 1 français dans le micro. Beaucoup d’as, peu d’échanges, mais j’espère que vous avez apprécié ! »