A 34 ans, Karim Benzema est sur le toit du football mondial. Avant de dominer la Ligue des champions mais aussi la Liga avec le Real Madrid, le Ballon d’Or 2022 a aussi fait mal aux défenses de Ligue 1 dans sa jeunesse. En 112 matches de championnat de France, le natif de Lyon a trouvé le chemin des filets à 43 reprises et réalisé 23 passes décisives. Sans oublier leurs dix autres succès, Coupe de France et Coupe de la Ligue confondues.
Début 2005, l’attaquant de l’OL, qui vient d’avoir 17 ans, s’apprête à débuter en première division. Devant Sylvain Wiltord, Sidney Govou, Florent Malouda et autres Freds, Karim Benzema prononce un discours, qui se conclut par ces mots devenus célèbres : « Si je suis là, c’est pour prendre ta place“. Mois après mois, le futur meilleur joueur de la planète passera des paroles aux actes.
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Le meilleur attaquant de son temps en L1
Lorsqu’il porte les couleurs de Nancy, Pape Diakhaté l’affronte jusqu’en 2007 avant de partir au Dynamo Kyiv. Entré dans la rotation offensive lyonnaise avec Fred, John Carew ou Milan Baros, Karim Benzema avait déjà retenu l’attention de l’ancien défenseur international sénégalais. “Avant d’entrer en Ligue 1, Issar Dia m’en avait parlé. Ils s’étaient rencontrés en équipe de France de jeunes. Il m’a dit qu’il était un phénomène sur le terrain et nous n’avons pas été surpris“, confie l’actuel entraîneur des moins de 21 ans du Royal Excelsior.
Pape Diakhaté n’a pas peur des mots : Karim Benzema”c’est de loin le meilleur attaquant“qui a traversé en L1”.Techniquement et en termes d’intelligence, il était déjà largement au-dessus. On voyait qu’il avait déjà beaucoup de maturité et la tête froide. Très froid, même. Les extras ne le dérangeaient pas. Il était toujours concentré et était un tueur devant le but“, se souvient l’ex-Nance.
Karim Benzema en duel avec Sébastien Puygrenier en octobre 2006.
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A l’aube de ses 20 ans, Karim Benzema”ça ressemblait à du lait en feu“Pour toutes les défenses de L1. Même le contre de Pablo Correa était loin d’être serein. Encore Pape Diakhaté.”C’était un joueur qui faisait tout pour éviter un duel. Il était intelligent et savait s’insérer entre la ligne des milieux de terrain et des défenseursil dit. En tant que central nous ne pouvions pas le prendre pour ne pas laisser d’espaces à l’arrière. C’était et c’est sa force. Dans les petits espaces, il se démarque également. C’est le meilleur joueur que j’ai rencontré sur ce disque. Le ballon restait collé à ses pieds à chaque fois qu’il faisait des contrôles. Parfois, on aurait dit que le ballon était dégonflé (Rivière). Cependant, il a reçu quelques passes dures frappées au sol.”
« De paria à fierté nationale, Benzema fait enfin l’unanimité »
A l’été 2007, Alain Perrin remplace Gérard Houllier sur le banc de l’OL. Et dès le début de saison, le nouvel entraîneur des Gones a opté pour Karim Benzema en attaque, ainsi que pour l’autre fleuron de la génération de 1987, Hatem Ben Arfa. coup gagnant Le futur madrilène a marqué cinq buts en six matches de championnat de France avant de s’installer à Metz le 15 septembre. Au Stade Saint-Symphorien, il inscrit son premier triplé en L1 et élimine le promu Moselle en 38 minutes (5-1).
Karim était discret et n’avait pas besoin de beaucoup parler pour faire savoir aux gens qu’il allait être génial
“Il a simplement survolé la réunionse souvient Cédric Barbosa, milieu de terrain du FC Metz en cette saison 2007-08. Au final, il était vraiment très doué pour un joueur de 19 ans. On savait qu’on lui avait promis une très belle carrière“Karim Benzema devient l’attaquant le plus chaud de la Ligue 1. Mais pas à la manière d’un Kylian Mbappé, dix ans plus tard.”La couverture médiatique était moins importante à l’époque et nous n’en avons pas tout de suite fait un produit marketing.souligne l’ancien joueur d’Evian Thonon-Gaillard. Karim était plus discret et n’avait pas besoin de beaucoup parler pour faire savoir aux gens qu’il allait devenir un grand.”
Un bel avenir qui sait aussi briller dans les moments chauds. Le 27 janvier 2008, Saint-Etienne dominait (1-0) et semblait bien parti pour battre le signe indien face à ses grands rivaux, quatorze ans après sa dernière victoire dans le derby Geoffroy-Guichard. Minute 92, coup franc des 25 mètres pour l’OL. Karim Benzema capte le ballon. Blessé à une épaule ce soir-là et présent dans les tribunes stéphanoises, l’ancien gardien de l’ASSE Jérémie Janot explique la suite.
Karim Benzema a marqué dans les dernières secondes du derby ASSE-OL (1-1) en janvier 2008.
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“Quand il met le ballon, je me dis : ‘Il peut tout faire, mais ça m’étonnerait qu’il rate’. Et là il trompe Jody (Viviani). La responsabilité dans un tel derby, dans les dernières secondes, démontrait déjà sa force de caractère exceptionnelle. C’était déjà un phénomène. Dès ses premiers matches en L1, et notamment lors des derbies, il a toujours été à la hauteur de sa notoriété. Il n’avait pas besoin de 50 pour marquer“, souligne-t-il.
Quant à Pape Diakhaté, Karim Benzema est «meilleur avant” que Jérémie Janot a affronté la L1. Aucun litige. “Ce qui m’a toujours impressionné chez lui, c’est sa rapidité d’exécution, sur le dribble, le tirprécise l’ancien Stéphanois, décrivant un joueur »respectueux et qu’il n’y a joué aucun rôle“. Avec lui, n’importe qui peut arriver à tout moment. A 25 mètres, il pouvait déclencher une frappe, dans un centre trivial il pouvait couper la trajectoire du ballon, avec un coup de pied arrêté il était souvent là dans les deuxièmes balles. Il était difficile à lire dans ses mouvements, évoluant toujours à droite, à gauche, en profondeur ou en retrait. Il était insaisissable.”
Il avait une telle palette qu’on ne savait jamais à quoi s’attendre avec lui
L’OL remporte son premier doublé Coupe de France et Ligue 2008. Une performance largement due à Karim Benzema, meilleur buteur de Ligue 1 cette saison-là, devant les Marseillais Mamadou Niang et Djibril Cissé, avec 20 réalisations. Un trône pleinement mérité selon Jérémie Janot.
“De tous les attaquants que je connaissais, il était le plus dangereux car son jeu était très varié. Cela peut être un enveloppement du pied gauche, un jab droit, un saut, un crochet, une tête. Cette variété dans le jeu a rendu la tâche difficile aux gardiensfait remarquer. Sidney Govou était puissance et vitesse. Mais nous connaissions son palmarès. Idem pour Pedro Miguel Pauleta qui a fait quelques appels profonds. Karim Benzema avait une telle palette qu’on ne savait jamais à quoi s’attendre de lui. Ça m’a rendu misérable mais ça m’a aussi fait brûler (Rivière).”
En 2008-09, pour sa dernière saison en Ligue 1, Karim Benzema a continué dans la même veine (ndlr : 17 buts en L1) mais n’a pas pu éviter la perte du titre de champion de France face aux Lyonnais, restés invaincus pendant sept ans. L’international français a inscrit son dernier but pour l’OL le 23 mai 2009 à Gerland lors de la réception de Caen (3-1, 37e journée de Ligue 1). L’ancien latéral gauche Reynald Lemaître était là.
“Avant de l’affronter, nous savions que nous allions passer un après-midi difficilesouvenez-vous du joueur formé à Caen. Il avait déjà cette capacité à ne pas perdre le ballon, à partir de l’extérieur de la surface, à se servir de ses coéquipiers pour rentrer à l’intérieur. Ensuite, il a toujours réussi à trouver une bonne position pour frapper. Déjà à l’époque, s’il était capable d’actions individuelles de haut vol, c’était un joueur qui avait besoin des autres et qui faisait des choses extraordinaires grâce au groupe qui l’entourait.. À tout moment, il pouvait transformer le jeuQuelques semaines après cette rencontre, Karim Benzema a changé le cours de sa carrière en rejoignant le Real Madrid. Le reste on le sait…
Karim Benzema a marqué son dernier but en L1 lors de Lyon-Caen (3-1) en 2009.
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