Il déclare une “haine pathologique des étrangers”. William M, principal suspect de l’attentat qui a tué trois personnes de la communauté kurde rue d’Enghien dans le 10e arrondissement de Paris vendredi, a reconnu en garde à vue avoir une “haine” des étrangers et vouloir exécuter une attaque sur Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Dans un communiqué, le parquet de Paris fait référence à plusieurs déclarations faites par le suspect de 69 ans alors qu’il était en garde à vue. Depuis un braquage dont il aurait été victime en 2016, il a déclaré avoir “toujours voulu tuer des migrants, des étrangers”. “Déprimé, silencieux et solitaire”, il n’avait jamais manifesté d’intérêt particulier ni de haine envers le peuple kurde avec ses proches, précise le communiqué.
Les premiers éléments obtenus dans la perquisition de ses parents, dont la saisie d’un ordinateur et d’un smartphone, n’ont permis d’établir “aucun lien avec une idéologie extrémiste”, selon le procureur.
Une attaque sur Saint-Denis avortée
Il a également repris le cours du vendredi matin pendant sa garde à vue. William M. explique qu’il s’est d’abord rendu à Saint-Denis, « armé de son fusil et de ses munitions pour commettre des meurtres sur des étrangers ». Il a déclaré avoir refusé d’agir “compte tenu du peu de personnes présentes et parce que ses vêtements l’empêchent de recharger l’arme facilement”, détaille le communiqué de presse.
A propos du ciblage d’un centre culturel kurde, l’homme de 60 ans a déclaré avoir attaqué “des victimes qu’il ne connaissait pas” mais était en colère contre les Kurdes pour “avoir fait des prisonniers pendant leur combat contre Daech”. au lieu de les tuer. » Il a déclaré aux enquêteurs qu’il avait l’intention d’utiliser toutes les munitions en sa possession avant de se suicider.
“Cette relation de faits est corroborée par la découverte d’une contravention relative à un trajet en provenance de Saint-Denis à 6h50, et par le début de l’exploitation d’images vidéo de sécurité”, souligne le parquet de Paris.
Une arme achetée à un membre d’un club de tir
Concernant la possession de son arme, “un pistolet automatique Colt 45 calibre 11.43”, William M. déclare l’avoir acquise 4 ans plus tôt auprès d’un membre alors décédé du club de tir auquel il appartenait. Il prétend ne l’avoir jamais utilisé auparavant et l’avoir caché chez ses parents qui ignoraient son existence. La garde à vue du suspect a été levée samedi soir, en raison d’une incompatibilité avec son état de santé. Il a été hospitalisé en psychiatrie.
Dans son communiqué, la procureure de Paris, Laure Beccuau, précise également que cinq des six victimes touchées par balles “sont de nationalité turque, la sixième est de nationalité française”. Les trois victimes blessées dans l’attentat sont désormais hors de danger.