Le député “rebelle” du Nord Adrien Quatennens, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 26 juillet 2022. BERTRAND GUAY / AFP
C’est un retour détourné et caché qu’Adrien Quatennens a fait à l’Assemblée nationale, après sa condamnation pour violences conjugales. Le député élu sous la bannière de La France insoumise (LFI), qui siège désormais en tant que député non inscrit, a participé, mercredi 11 janvier, à une commission des affaires étrangères, comme on a pu le constater à la suite de ses travaux. Son président, le député MoDem Jean-Louis Bourlanges, a également félicité « l’arrivée en [la] tâche d’un nouveau collègue, M. Quatennens”.
Ce retour, après trois mois d’absence, n’avait pas été annoncé. Lundi 9 janvier, son avocate Jade Dousselin a informé Le Monde qu'”aucune date n’a été fixée”, mais a laissé entendre qu’elle était également imminente. Avant tout, il devait communiquer. Samedi 7 janvier et dimanche 8 janvier, aucun député “rebelle” contacté par Le Monde n’a su quand M. Quatennens comptait rentrer au Palau-Bourbon. Certains députés ont été prévenus mercredi après le retour de leur collègue.
Première réaction d’Adrien Quatennens depuis son retour à l’Assemblée nationale : “J’exerce mon travail de parlementaire… https://t.co/6lKicDbVPA
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Le député du Nord, condamné à quatre mois de prison avec sursis pour “violences conjugales”, et suspendu dans le même temps de la formation de Jean-Luc Mélenchon et du groupe parlementaire, l’avait annoncé, lors d’un entretien à BFM-TV. , le 14 décembre, qu’il reviendrait “probablement en janvier”.
Discussion non ouverte au sein de LFI
Cet entretien, au cours duquel le député a justifié son comportement envers son ancien collègue, malgré sa condamnation, a créé de l’émoi parmi les membres de LFI, qui venaient de sanctionner son collègue. Certains estiment qu’elle a nui à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, au cœur du combat du mouvement, s’adressant à BFM-TV et veulent désormais alourdir la peine infligée par le parti. Pour le moment, le débat n’est pas ouvert au sein de LFI.
A sa sortie de l’Assemblée nationale, la députée et présidente du groupe Renaissance, Aurore Bergé, a déclaré à la presse que le retour de M. Quatennens n’avait “rien de naturel, rien de banal, rien de normal”. Il a précisé que tous les députés de la Renaissance ont présenté mercredi une proposition de loi visant à “créer une peine supplémentaire d’inhabilité pour les personnes reconnues coupables d’actes de violences conjugales ou intrafamiliales”.
Pour l’extrême droite, “Adrien Quatennens devrait démissionner et être réélu, s’il voulait vraiment revenir la tête haute”. Marine Le Pen, députée du Pas-de-Calais et présidente du groupe Rassemblement national (RN), a réagi lors d’une conférence de presse et dénoncé “l’hypocrisie de La France insoumise qui a mis en lumière l’affaire Quatennens”.
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Sandrine Cassini