A l’ONU, les Occidentaux dénoncent le risque d’une nouvelle escalade en cas d’annexion des territoires ukrainiens par la Russie

Emmanuel Macron à la tribune de la 77e Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 20 septembre 2022. LUDOVIC MARIN / AFP

Le choix du timing ne doit sans doute rien au hasard. L’annonce des référendums sur l’adhésion à la Russie des territoires qu’elle occupe en Ukraine a coïncidé, mardi 20 septembre, avec les premiers débats de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, déplacés un jour en raison des funérailles de la reine Elisabeth II. au Royaume-Uni. La décision précipitée des autorités pro-russes des régions de Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson de tenir ces consultations entre le 23 et le 27 septembre a suscité surprise et condamnation, notamment chez les alliés de l’Ukraine en Europe et aux États-Unis. Dans ces pays, l’initiative est vue comme un moyen pour Vladimir Poutine, absent des débats onusiens, de tenter de reprendre le contrôle, quitte à provoquer une nouvelle escalade avec l’Occident, après des semaines de retrait de ses troupes sur le terrain face de la contre-offensive des forces ukrainiennes.

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Peu avant de s’exprimer sur la tribune des Nations unies, Emmanuel Macron a dénoncé une “provocation supplémentaire” et une “parodie de démocratie”. Pour le chef de l’Etat, “l’idée même d’organiser des référendums dans des régions qui ont connu la guerre, qui ont subi des bombardements, où les gens ont dû fuir, est la signature du cynisme”. Les résultats de ces sondages seront “méconnus”, tant que les conditions pour les organiser ne seront “absolument pas réunies”, a-t-il jugé.

Emmanuel Macron à la 77e Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 20 septembre 2022. LUDOVIC MARIN / AFP

Un peu plus tard sur le podium, M. Macron a exigé le retrait de la Russie de ces territoires et a dénoncé un “retour à l’ère de l’impérialisme et des colonies”. “Aujourd’hui, nous avons une guerre et c’est une guerre d’annexion”, a-t-il déclaré. Le ton est à l’unisson de celui du chancelier allemand Olaf Scholz : “Il est très clair que ces référendums fictifs ne sont pas acceptables et qu’ils ne sont pas couverts par le droit international”, a-t-il commenté en marge de la réunion de New York. “Tout cela n’est qu’une tentative d’agression impérialiste que nous voulons déguiser en telle”, a ajouté la chancelière, demandant à la Russie de retirer ses troupes.

“Il ne montre pas de force, bien au contraire”

Washington n’a d’ailleurs pas attendu le discours de Joe Biden devant l’Assemblée générale mercredi 21 septembre pour dénoncer fermement l’initiative. “Les États-Unis ne reconnaîtront jamais les revendications de la Russie sur des parties prétendument annexées de l’Ukraine”, a déclaré Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale. Pour lui, ces référendums témoignent avant tout des récents échecs militaires des forces russes. “Ce ne sont pas des mesures qu’un pays confiant prendrait”, a-t-il noté. Il ne fait pas preuve de force, bien au contraire. “Nous continuerons à travailler avec l’Ukraine et nos partenaires internationaux pour fournir le soutien dont elle a besoin pour défendre son territoire”, a déclaré le Pentagone.

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