Le jeu : l’Argentine adaptée à la Croatie
On ne peut pas reprocher à Lionel Scaloni de ne pas avoir préparé ses rencontres. Pour la troisième fois dans cette Coupe du monde, l’entraîneur argentin a changé son système en 4-4-2 avec Leandro Paredes notamment dans l’entrejeu. Résultat : là où la Croatie avait régné en maître dans ce domaine crucial face au Brésil, elle s’est retrouvée étouffée face à l’Albiceleste. Pour le reste, ce n’était pas un match au top, malgré les remplacements de Modric et Messi. Mais l’équipe de Scaloni avait le mérite d’avoir une solidité défensive que les Croates perdaient dans les pires moments. Mais là où le jeu se joue, c’est peut-être avec la présence d’un joueur en particulier.
Les joueurs : Messi toujours plus en mission
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Il y a eu son but contre Getafe, son plongeon sur Manuel Almunia, sa tête contre Manchester United et tant d’autres. Mais mardi, Lionel Messi a ajouté une nouvelle image époustouflante à sa collection gonflée. Son but sur penalty pour ouvrir le score a été éclipsé par ce chiffre à la 69e minute, face à l’un des meilleurs défenseurs de cette Coupe du monde : une course de plus de 40 mètres avec des changements d’appui incessants et une passe décisive lumineuse pour Julian. Álvarez En mission et divinement bon.
L’autre grand nom est Julian Alvarez, auteur d’un doublé et d’un match plus que complet. A 22 ans, il est le parfait lieutenant de la Puce. La partie croate, en revanche, était la soupe avec la grimace derrière. Entre le désalignement de Dejan Lovren, les jeux catastrophiques de Sosa et Juranovic et le penalty concédé par Livakovic, la défense s’est effondrée. Quant à Gvardiol, il se souviendra à jamais de ses retrouvailles avec Messi…
Le facteur X : le penalty argentin
Il a suffi d’un désalignement de Lovren pour fournir la première vraie situation de ce match. Lancé sur Livakovic, Álvarez a tenté un petit ballon bas pour tromper le gardien croate. Son geste, trop timide, a été inefficace, le ballon a été stoppé par Lovren. Mais le jeune attaquant a battu le gardien croate après sa convalescence. La collision est dure mais le ballon était déjà à un autre endroit. Daniel Orsato siffle encore le penalty. Et lance l’Albiceleste vers son récital.
Julián Álvarez avant le contact avec Livakovic
Crédit : Getty Images
Les statistiques : 25, 11 et 2
Sainte nuit pour Messi. Dès le match, Pulga a égalé le record de Löthar Matthaus pour les matches joués à la Coupe du monde. Pour célébrer, il a marqué son 11e but, dépassant le total de Batistuta dans la compétition (11) et se rapprochant du total de Pelé. Et, en prime, il est qualifié pour sa deuxième finale de Coupe du monde.
Le tweet : il est de retour
La photo qui rend triste
Si la Coupe du monde garde une légende, elle en perd une autre. Battu en demi-finale, Luka Modric sort de la plus belle des scènes.
Luka Modric en larmes après son élimination face à l’Argentine
Crédit : Getty Images
La déclaration: Lionel Messi (Argentine) sur la riposte de l’Argentine après la défaite d’ouverture
Ce que nous avons fait était difficile, car chaque match était une finale. Nous avons joué cinq finales, en avons gagné cinq. Espérons que ce sera le cas pour le prochain…
La question : est-ce votre destin ?
C’est tellement grand que c’est enfin beau. En annonçant que cette édition au Qatar serait sa dernière Coupe du monde, Lionel Messi avait mis une pression excessive sur les siens. Sa dernière danse serait donc sa dernière chance. Cet Albiceleste a failli être avalé par le poids inhérent à une telle mission. Et puis le rockeur mexicain a changé le visage de cette équipe.
Depuis, elle n’a cessé d’être miraculeuse, jusqu’à cette demi-finale enfin immaculée. Lionel Messi y est pour quelque chose, bien sûr. Mais les choix de Scaloni ont aussi changé le visage de cette équipe. Le monde argentin n’a commencé que lorsque Fernández et Álvarez sont devenus des pièces indispensables. Il a également été boosté par les intuitions tactiques du coach argentin, capable d’adapter son système en fonction des défis qu’ils lui proposaient.
C’est tellement grand que c’est enfin beau. Le rêve de Lionel Messi est toujours vivant. Encore plus que jamais. Les signes positifs se multiplient autour de cet Albiceleste. Son sort, quoi qu’il arrive, se jouera à Lusail. Contre la France ou le Maroc. Mais surtout avec l’éternité devant eux, devant lui. Le défi ultime. Peut-être le plus dur de toute sa carrière.
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