4 300 € de plus entre la commande et la livraison de sa voiture : Axelle, infirmière, se sent « bousculée et lésée »


Axelle est infirmière indépendante. Il y a un an, il a commandé un nouveau véhicule pour son travail. Un an plus tard, un montant de près de 4 300 € a été réclamé à la livraison. Problème, en tant qu’indépendante, la loi de protection du consommateur ne protège pas cette vente de cette hausse.

“Nous nous sommes sentis pressés et injustes.” Gaylord et Axelle, un couple d’Anderlues (Hainaut), ont commandé une voiture il y a un peu plus d’un an. Problème, le concessionnaire a demandé 4 283 euros supplémentaires à la livraison. Nous avons été contactés via le bouton orange Notify us pour demander si la manœuvre est légale ?

Septembre 2021. Axelle et Gaylord se rendent dans une concession de la région de Mons pour commander une nouvelle voiture. Le véhicule doit aider Axelle dans son travail. Elle est infirmière indépendante. Axelle explique : « J’ai absolument besoin de mon véhicule pour aller chez mes patients. J’en vois plusieurs par jour. Ma voiture est mon outil principal. Je travaille six jours sur sept. Je vois une trentaine de patients par jour, soit entre 30 et 40 km. du quotidien.

Le bon de commande signé, le couple s’arme de patience. La pénurie mondiale de micropuces a considérablement allongé les délais de livraison des voitures, qui n’arrivent pas toujours à la date initialement prévue. Après un an d’attente, le concessionnaire les a recontactés. Bonne nouvelle, la voiture est arrivée. Mais la joie est de courte durée. Le concessionnaire les informe qu’un supplément de 4 289,99 euros est applicable. « Nous étions justifiés par le coût de la vie, les transports, l’énergie, l’achat de pièces, le covid, etc. », souffle Gaylord. Axelle ajoute : “On ne nous l’a pas dit avant. C’est vraiment à la fin.”

Il est probable que les prix indiqués dans le contrat de vente augmentent

Le couple précise les termes du contrat de vente. “Le prix de vente convenu n’est en aucun cas révisable”, précise-t-il. Mais quelques lignes plus loin, le contrat stipule : « les prix indiqués dans le contrat de vente sont susceptibles d’augmenter en cas de modification du prix catalogue préconisé par l’importateur ou le fabricant ». Axelle et Gaylord considèrent que les deux rapports sont contradictoires et que le processus est “partial”.

Très vite, une question se pose : le concessionnaire a-t-il droit ? Que dit la loi? Le législateur distingue deux types de ventes. Celles entre un particulier et une entreprise et celles entre professionnels :

  • Pour les particuliers, le prix convenu lors de la commande n’est pas révisable. Le prix indiqué sur le bon de commande est définitif. Le client est protégé par la loi sur la protection des consommateurs. Etienne Mignolet, porte-parole du SPF Economie, explique : « Si vous commandez une voiture à 40.000 euros, on ne peut pas vous dire au moment de la livraison pour vous dire qu’il y a 5.000 euros à payer. Il faut respecter le prix convenu. Si c’est le cas. n’est pas le cas que le consommateur peut annuler gratuitement.” Cependant, il peut y avoir des clauses de révision des prix dans le contrat, mais elles doivent être très précises.
  • En tant qu’indépendante, l’achat d’Axelle relève de la seconde catégorie : professionnelle. « Là, évidemment, on n’est plus dans une relation entreprise-consommateur. C’est une autre réglementation. On est dans le droit des contrats. C’est quelque chose qui se conclut entre deux parties. Tout dépend des clauses qui sont inscrites dans le contrat. s “il prévoit que le prix peut être augmenté en fonction de tel ou tel critère ou de tel ou tel moment, il doit être respecté par les deux parties”, informe Etienne Mignolet.

Pour la fédération des professionnels de la mobilité, Traxio, le concessionnaire n’a souvent d’autre choix que d’appliquer une hausse de prix. Serge Istas, secrétaire général de la fédération : “En général, le concessionnaire est quelque part la victime. Vraiment, la voiture lui coûte plus cher. Donc, il est plus facturé. Les marges bénéficiaires ne sont pas énormes. S’il “y’a un 4”. % d’augmentation, c’est toute leur marge bénéficiaire. Aussi bien le distributeur que le producteur et le client ont tout intérêt à réaliser la vente le plus rapidement possible. Et de préciser : “Il faut bien sûr être conscient qu’une hausse des prix correspond à une réalité économique.”

Finalement, Axelle et Gaylord ont décidé de débourser la somme de 4 283,99 euros. “Ils ont décidé d’étaler le paiement sur le bail professionnel. Nous ne pouvions pas faire autrement. Le vendeur m’a dit que le véhicule serait vendu une semaine plus tard. Ils ont une très forte demande, notamment pour un véhicule de stock. Nous avons pour payer, nous n’avons pas le choix. Pour ma femme et son travail », conclut Gaylord.

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