Des enquêteurs sur les lieux de l’explosion de la voiture conduite par Daria Douguina, sur une route proche du village de Bolshie Vyzyomy, à une quarantaine de kilomètres de Moscou, le 20 août 2022. FULL / AFP
Plus de vingt-quatre heures après le meurtre de la fille de son principal idéologue, Vladimir Poutine n’a pas encore réagi. Le président russe, qui n’aime jamais faire de commentaires virulents, est néanmoins sous pression. Daria Douguine, 30 ans, fille d’Alexandre Douguine, 60 ans, théoricien ultranationaliste souvent dépeint comme le cerveau derrière le lancement de “l’opération militaire spéciale” en Ukraine le 24 février, est décédée samedi soir 20 août dans un attentat à la voiture piégée.
Tous deux avaient participé plus tôt dans la journée à “Tradition”, un festival politique et culturel dans la grande banlieue de Moscou où, parmi le public, quelques personnalités conservatrices étaient invitées. Père et fille devaient rentrer ensemble. Mais, au dernier moment, décidant de partir dans un autre véhicule, Alexandre Douguine aurait confié sa voiture à Daria Douguina. Quelques minutes plus tard, le Toyota Land Cruiser explose. La jeune femme est décédée sur le coup. Des images ont montré son père arrivant sur les lieux avec ses mains sur son visage devant les flammes.
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Aucun suspect n’a été identifié et personne n’a revendiqué l’attaque. Il semble probable que l’attaque visait Alexander Dougin et non sa fille. “Tout porte à croire que le crime a été planifié à l’avance et qu’il a fait l’objet d’un contrat”, précise la commission chargée des principales enquêtes criminelles ; a confirmé qu’un engin explosif avait été planté du côté du conducteur sous le plancher de la voiture, qui a été laissée pendant plusieurs heures sur le parking du festival. Des proches affirment que M. Douguine et sa fille avaient récemment reçu des menaces mais ne se sentaient pas en danger. Les enquêteurs disent qu’ils n’excluent aucune piste à ce stade. Une enquête pour meurtre a été ouverte.
Journaliste et politologue, qui utilise habituellement un pseudonyme, Daria Duguina venait d’écrire un article sur les questions militaires à l’issue d’un forum de l’armée qui, la semaine dernière, s’était tenu en présence de Vladimir Poutine. Il écrivait notamment que les événements de Boutcha, au nord de Kyiv, entre février et mars, la ville avait été occupée pendant un mois par les troupes russes avant d’être libérée par les forces ukrainiennes, étaient “une dramatisation avec des cadavres de personnes qui se faisaient passer pour des victimes”. .” . Une version défendue par Moscou, contestée par l’Ukraine et l’Occident.
Kyiv nie toute implication
La jeune femme, qui avait été placée sur la liste des sanctions individuelles par Londres depuis juillet pour avoir participé à la “désinformation sur l’Ukraine”, s’est régulièrement adressée aux médias pro-Kremlin pour critiquer l’Occident et soutenir l’offensive russe. Elle le considérait comme un “choc des civilisations”. Daria Duguina a conclu l’un de ses écrits récents en faisant écho à la rhétorique du Kremlin : « Le fascisme a subjugué tout l’Occident. La Russie est une île de liberté. »
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