Elon Musk à Washington, le 25 mai 2022. BRENDAN SMILOWSKI / AFP
Déjà accusé par des investisseurs, voici Elon Musk soupçonné par la police boursière américaine d’avoir révélé plus tard son investissement dans Twitter, qui est en cours de rachat, plus tard que ne l’exige la loi.
Le régulateur américain des marchés financiers, la SEC, a publié une lettre au milliardaire vendredi 27 mai, annonçant qu’il avait atteint plus de 9% du capital de Twitter. La SEC se demande pourquoi elle a attendu jusqu’à ce jour où elle avait dépassé les 5% le 14 mars. La loi oblige les investisseurs à rendre publics leurs investissements en capital au-delà de ce seuil dans un délai de dix jours. L’agence fédérale interroge également le patron de Tesla sur son choix initial de la forme 13G, réservée aux investisseurs dits “passifs”.
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“Votre réponse doit mentionner, entre autres, vos récentes déclarations publiques”, a déclaré la SEC, citant un tweet du 4 avril d’Elon Musk demandant à ses dizaines de millions d’abonnés s’ils pensaient que Twitter “appliquait strictement les principes de la liberté d’expression”.
Plainte des actionnaires
Les actionnaires de Twitter ont déposé mercredi une plainte contre l’entrepreneur fantasque, qu’ils accusent de manipuler le marché pour faire des économies dans leur opération de rachat de réseaux sociaux. Il est aussi accusé d’avoir retardé le moment où il a révélé qu’il était monté au capital de Twitter. Ils estiment que l’homme le plus riche du monde a économisé environ 156 millions de dollars car, s’il avait informé le marché à temps, il aurait payé plus pour les actions.
Elon Musk a conclu un accord avec le conseil d’administration de la plateforme pour l’acheter. Et depuis début avril, la valeur du réseau social en Bourse fluctue au gré des tweets du milliardaire.
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“Musk a fait des déclarations, tweeté et pris d’autres mesures destinées à semer le doute et à réduire considérablement les actions de Twitter pour créer une marge de soulagement qu’il espérait utiliser pour se retirer de l’accord ou renégocier le prix”, ont déclaré les actionnaires à leur plainte.
Les avocats d’Elon Musk, de Tesla et de la SEC n’ont pas répondu vendredi aux sollicitations de l’Agence France-Presse.
L’homme d’affaires aux multiples casquettes (Tesla, SpaceX, Neuralink, etc.) s’est déjà heurté à la police boursière pour sa propension à tweeter des informations qui font bouger les cours de ses sociétés cotées. Suivi sur Twitter par plus de 95 millions de personnes, il envisage de retirer le réseau social de la Bourse lorsqu’il en sera propriétaire.
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Le monde avec l’AFP