Face aux demandes de l’Autorité de la concurrence, TF1 et M6 renoncent à leur rapprochement

Les installations du canal M6, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), en mai 2008. PHILIPPE WOJAZER / REUTERS

Depuis l’été, il n’y avait plus d’illusions. Mais jusqu’à ce que la messe soit dite, ils avaient peu d’espoir de succès. Dix-huit mois après avoir entamé le processus, TF1 et M6 ont finalement renoncé à leur mariage.

“Cette décision intervient après l’audition des parties par le collège de l’Autorité de la concurrence [ADLC] 5 et 6 septembre », ont indiqué Bouygues et RTL Group, vendredi 16 septembre, après la clôture de la Bourse. Au cours de ces deux journées décisives, les parties avaient réitéré les engagements qu’elles étaient prêtes à prendre pour répondre aux exigences de l’Autorité, telles que maintien d’agences publicitaires distinctes Les opposants à ce syndicat avaient répété leurs craintes quant aux conséquences de l’opération : une position ultra-dominante sur l’audience de la télévision (plus de 40 %) et le marché publicitaire (71 % auraient été entre leurs mains), des menaces à la diversité de la production audiovisuelle (40 % d’entre elles) et des prix du marché, etc.

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Après les avoir écoutés, les professeurs de l’ADLC auraient partagé la conclusion qu’ils avaient retirée des services de l’établissement au terme du rapport d’enquête de 400 pages remis cet été : pour être autorisée, la fusion devrait voir l’avenir. l’entité a été transférée de TF1 ou M6. Un remède que les parties n’avaient jamais caché qu’à leurs yeux viderait l’opération de son sens. De même, lorsque, vendredi matin, Benoît Cœuré a téléphoné à Thomas Rabe, le patron de Bertelsmann, et Olivier Roussat, le patron de Bouygues, pour réitérer cette condition sine qua non, les deux groupes ont estimé qu’ils n’avaient d’autre choix que de jeter le serviette

Lobbying de Bruno Le Maire

“Cela équivaut à nous rejeter”, traduit l’un des négociateurs de l’opération, qui regrette que “nous jugeons ces affaires avec les yeux du passé”. Dès le début du projet, RTL et Bouygues ont réclamé une révision de la définition du “marché pertinent” de la publicité télévisée, en y ajoutant la publicité numérique, et plus particulièrement celle de la vidéo sur Internet, qui, selon eux, est devenue un marché direct concurrent. Ainsi, selon son calcul, sa part de marché serait passée sous la barre des 50 %, un taux bien plus acceptable pour la police de la concurrence. la glace “L’évolution des usages constatée après l’examen approfondi de cette opération ne permet pas de considérer que la publicité télévisée et la publicité en ligne sont suffisamment substituables du point de vue des annonceurs”, juge l’Autorité dans la note communiquée publiée vendredi soir. . , dans lequel il “prend acte” de la décision de Bouygues d’arrêter de dépenser.

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