En Irak, le chef chiite Moqtada Sadr appelle ses partisans à se retirer, l’armée lève le couvre-feu

Un partisan de Moqtada Al-Sadr tire sur les forces de sécurité, mardi 30 août 2022, à Bagdad. THAIER AL-SUDANI / REUTERS

Le dirigeant chiite irakien Moqtada Sadr, dont les partisans combattaient l’armée appuyée par des hommes des Hashd Al-Chaabi (“unités de mobilisation populaire”), anciens paramilitaires pro-iraniens intégrés aux forces régulières à Bagdad, a donné, mardi 30 août, “soixante minutes” à ses combattants de se retirer de la “zone verte”, sinon il menaçait de “les nier”.

“Je présente mes excuses au peuple irakien, le seul touché par les événements”, a ajouté Moqtada Sadr, lors d’une conférence de presse dans son fief de Najaf (centre de l’Irak), alors que dans la journée plusieurs roquettes ont été tirées sur la “zone verte”. de Bagdad et que les combats entre les partisans du chef chiite et l’armée reprennent avec une vigueur renouvelée. Cette escalade a fait au moins vingt-trois morts au cours des dernières vingt-quatre heures, selon un nouveau bilan fourni par une source médicale, et 380 personnes ont été blessées.

Après l’appel de Moqtada Sadr à ses partisans, l’armée a levé le couvre-feu en place depuis la veille, laissant espérer que la violence dans les rues cesserait.

Quelques minutes après la conférence de presse, certains ont été vus abandonner leurs positions à la télévision en direct.

Des violences ont éclaté lundi à Bagdad après la décision de l’imam chiite Moqtada al-Sadr de quitter la vie politique irakienne, dans l’impasse depuis les élections législatives d’octobre dernier. Les jeunes sadristes ont pris d’assaut le siège du gouvernement situé dans la “zone verte”, un quartier sécurisé qui abrite des bâtiments gouvernementaux et des ambassades, et sont descendus dans les rues où ils se sont affrontés avec des membres de factions pro-iraniennes.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La crise politique plonge l’Irak dans la violence

Conflit entre organisations chiites

La capitale a été secouée dans la nuit par des tirs nourris et des tirs de roquettes, et mardi, des tirs d’armes automatiques et de lance-roquettes ont fait écho à Bagdad depuis la “zone verte”. Le chaos s’est étendu à d’autres régions irakiennes : dans la province de Dhi Qar, les sadristes ont envahi le siège du gouvernorat et sont entrés dans d’autres bâtiments officiels à Nasiriyah. Le siège de la province de Babylone, dans la ville de Hilla, était également occupé par des partisans de Moqtada Al-Sadr.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Irak, le conflit entre les organisations chiites profite à Moqtada Al-Sadr

La crise politique en Irak dure depuis les élections législatives d’octobre 2021. Les forces politiques chiites, notamment celle de Moqtada Al-Sadr, n’ont pas réussi à s’entendre sur un nouveau Premier ministre et un nouveau gouvernement.

A Washington, la Maison Blanche a jugé la situation “préoccupante” et a appelé au calme et au dialogue. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé toutes les parties à “prendre des mesures immédiates pour désamorcer la situation”. Le ministère français des Affaires étrangères a également appelé, lundi soir, les parties “à la plus grande retenue”. La France “les appelle à rendre des comptes et à cesser immédiatement les affrontements meurtriers”, a déclaré le ministère dans un communiqué.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Irak, une bataille pour le contrôle de l’État

Le Monde avec AFP et Reuters

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *