Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, assiste à une conférence de presse avec Ian Brossat, Maxime des Gayets, Sophie Taillé-Polian, Julien Bayou, Léa Balage El Mariky, Céline Malaisé et Clémence Guette avant le second tour des élections législatives, à Paris, le 15 juin 2022. SARAH MEYSONNIER / REUTERS
Il n’a fallu qu’une phrase écrite par Jean-Luc Mélenchon, à l’occasion de la publication de son billet hebdomadaire d’actualité, mercredi 3 août, pour obliger toutes les composantes de la Nouvelle Union populaire et sociale écologique (Nupes) à clarifier leur position face aux tensions croissantes entre la Chine, les États-Unis et Taïwan – et révèlent une fois de plus leurs divergences dans la conception de la politique étrangère française.
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Au lendemain de la visite à Taipei de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, l’ancienne députée, chef de file de La France insoumise (LFI), considère dans son analyse qu'”il n’y a pas une seule Chine”, la celui qui « siège au Conseil de sécurité » des Nations Unies. Jean-Luc Mélenchon estime que « Taiwan est une composante à part entière de la Chine », selon un terme défendu par Pékin mais rejeté par les autorités de Taipei. « Quel est l’intérêt de la visite de Pelosi là-bas ? demande-t-il, qualifiant l’initiative de “provocation”.
La visite de Mme Pelosi, prévue dans le cadre d’une tournée asiatique, est considérée par la Chine comme une manifestation de soutien aux partisans de l’indépendance de Taiwan et une répudiation de l’engagement américain de n’avoir aucune relation officielle avec l’île. Issu d’un parti indépendantiste, l’actuel président des autorités de Taipei, Tsai Ing-wen, contrairement au gouvernement précédent, refuse de reconnaître que l’île et le continent font partie d'”une seule Chine”.
Critiques de Julien Bayou et Olivier Faure
“Les Chinois vont régler le problème entre eux. Il n’y a pas d’autre issue possible raisonnable”, a balayé M. Mélenchon, qui accuse les Etats-Unis de vouloir “ouvrir un nouveau front”. député des Bouches-du-Rhône, qui avait déclaré en 2021 refuser “la guerre froide avec la Chine”, au sujet d’une proposition de résolution à l’Assemblée nationale en faveur de la participation de Taïwan aux travaux des organisations internationales.
“Merci Jean-Luc Mélenchon pour son soutien constant à la politique d’une seule Chine”, a réagi jeudi soir l’ambassade de Chine en France, en transmettant un fragment du texte du blog sur Twitter. “Nous avons les alliés que nous méritons”, a plaisanté la députée européenne de La République en marche Nathalie Loiseau sur Twitter.
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Interrogé à ce sujet sur RTL vendredi matin, le député LFI des Bouches-du-Rhône Manuel Bompard a défendu la ligne définie par Jean-Luc Mélenchon, notant que “le droit international défend aujourd’hui le concept que l’on appelle “une Chine unique”” la grande majorité des pays des Nations Unies ne reconnaissent pas officiellement Taïwan dans leur diplomatie, et que la visite de Nancy Pelosi à Taïwan a “ajouté de l’huile sur le feu”. “Lorsqu’il y a un différend territorial de cette nature, il doit être résolu à l’intérieur du pays en question (…). Il y a suffisamment de désordre à l’échelle internationale pour ne pas en rajouter”, a insisté la direction de LFI.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est rapidement distingué de ses alliés au sein du Nupes. Bien qu’il ait critiqué l’initiative de Mme Pelosi, qu’il a qualifiée de “discutable” sur Twitter, il a souligné que “la volonté du peuple taïwanais de vivre dans une démocratie ne l’est pas”.
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Les critiques sont encore plus vives de la part de Julien Bayou : « Mélenchon a parlé de ‘provocation’ quand l’Ukraine démocratique s’est défendue dans le Donbass contre la Russie autoritaire. Et il parle de “provocation” de Taiwan alors que… ce pays agit librement devant la Chine. Un pays démocratique est forcément une “provocation” pour une dictature”, a déclaré le secrétaire national de l’Ecologie d’Europe-Les Verts, également sur Twitter. Un écho direct aux querelles autour de la position à adopter vis-à-vis de la Russie, qui ont marqué, à gauche, les divisions durant les derniers mois de la campagne pour les élections présidentielles.
Simon Auffret (avec AFP) (avec AFP)