Vote du budget de la Sécurité sociale : le gouvernement revient à 49,3

La Première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé lundi 21 novembre que le paragraphe 3 de l’article 49 de la Constitution était activé pour faire approuver la partie recettes du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) en l’an 2023. C’est la cinquième temps dans la législature. que le gouvernement a utilisé cette disposition constitutionnelle qui permet d’approuver un texte sans vote, sauf si une motion de censure est approuvée à la majorité.

« Alors que la nouvelle lecture [du texte] devait commencer en session, près de sept cents amendements ont été présentés, en plus de ceux approuvés en commission. On ne peut pas répéter indéfiniment les débats qui ont déjà été décidés”, a déclaré le Premier ministre. Il s’est envolé à 49,3 après seulement trois heures de débat sur le projet de budget 2023 de la Sécurité sociale, examiné en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale.

La présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée, Mathilde Panot, a immédiatement annoncé la présentation d’une nouvelle motion de défiance contre le gouvernement. “Cette énième démarche forcée est inacceptable”, a dénoncé la représentante du Val-de-Marne, entourée de membres de son groupe. Il a précisé qu’il ira “débattre” avec le reste des groupes Nupes, ainsi qu’avec le groupe centriste Libertés, Indépendants, Outre-Mer et Territoires (LIOT), pour savoir s’ils veulent apporter leurs signatures à ce mouvement. .

Un sixième 49,3 dans la partie “dépenses” ?

Le texte, examiné lundi en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale, prévoit des mesures de prévention, des déserts médicaux ou encore des économies pour les laboratoires de biologie. Continuer à débattre « menacerait le calendrier d’examen du texte. (…) Or, nous avons besoin de ce troisième volet de la facture pour financer notre modèle social, pour donner des ressources à notre système de santé, pour aider les plus fragiles, pour donner de la matière à notre politique d’autonomie”, s’est justifiée Elisabeth Borne.

Une autre utilisation de 49.3 devrait être nécessaire pour ensuite valider la partie dépenses de ce budget dans une nouvelle lecture. La présidente du gouvernement, qui défend une méthode fondée sur le dialogue et le compromis, a déclaré avoir “modifié le projet de loi” présenté à 49.3 pour “l’améliorer”, en y intégrant un amendement du Sénat, majoritaire à droite, inciter les employeurs à profiter du dispositif de rachat de RTT. “Ce n’était pas un amendement majoritaire. Nous le maintenons, car il soutiendra le pouvoir d’achat des salariés”, s’est-il défendu.

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Mme Borne a aussi plaisanté sur les “mensonges” du groupe LFI, qui avait récemment laissé entendre que la réforme des retraites ferait l’objet d’un amendement à ce texte. “Ce texte ne porte pas sur la réforme des retraites”, a souligné le Premier ministre, rappelant que “les échanges vont se poursuivre[aient] sur cette question avec les agents sociaux. “Les discussions avancent. Je ne prétends pas qu’ils parviendront à un accord sur tous les points. Mais j’affirme qu’ils nous font avancer”.

De son côté, Mathilde Panot a souligné que cette réforme des retraites ne peut être contenue que dans le volet dépenses et que, par conséquent, elle est restée “vigilante”. La présentation de la motion de censure devrait être effective mardi. Le groupe Concentration nationale doit décider, de son côté, s’il se présentera d’office mardi matin en réunion interne, selon une source parlementaire.

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